Lundi 18 juin 2018 11H
Mon horaire des jours où je fais une pause entre la logistique et la préparation du repas.
La petite bruine agaçante fait des siennes, encore, le matin.
Samedi à la jardinerie, je rangeais les oliviers, et les feuilles humides s'insinuaient désagréablement dans mon cou.
Hier dimanche, encore des gouttières, ténues mais entêtées, avant le grand soleil d'après-midi. Promenade au lac, station allongée sur la large pierre plate au bord. Un coup d'œil au foin de la montagne au retour. Là où les moutons ont pacagé au printemps, l'herbe est encore assez courte et n'a pas perdu sa substance nourricière.
Beñat avait lancé la fanaison, allez, allez ! Il y a un moment où il faut encourager le sort, même s'il paraît indécis. La semaine est annoncée jolie, avec des pointes de températures propices à faire sécher tout ça. A grands coups de pirouettes, les andains soufflés d'air en mouvement vont s'alléger de l'humidité plaquée au sol. Nous verrons bien, avant la fin de la semaine en principe, comment la petite histoire se termine…
Ce matin encore, après une percée presque ensoleillée, le Jaïzkibel s'est noyé dans la brume, fondue en gouttelettes. Là, ça s'éclaircit.
Mon article dédié météo peut sembler vide et navrant. Et bien, il est le reflet de la préoccupation du moment. Souvent, mes pensées tournent autour de ces petites choses prosaïques, bien plus souvent qu'elles ne s'envolent vers les grandes hauteurs de la réflexion philosophique.
A écouter parler les gens autour de moi, je ne suis pas la seule… Et, sans risque de me tromper beaucoup, je suppute l'universalité de mon insignifiance naturelle.
Notre président lui-même ne serait-il pas tracassé par une rage de ventre, dont les crispations douloureuses occuperaient ses pensées bien mieux que la portée historique d'un énième amendement débattu pendant des heures à l'Assemblée Nationale ?
Les grands empereurs n'étaient-ils pas aussi des amoureux passionnés, des anxieux gouvernés par des lubies aux comportements parfois puérils ?
Les philosophes dont les noms ont traversé les siècles devaient eux aussi, quand la faim les ramenait à leur basse condition de mécanique à combustible, s'inquiéter du prochain repas dont la perspective devait un tant soit peu brouiller parfois leurs réflexions les plus profondes.
Je serais bien en peine de donner des exemples précis : ma culture est intuitive et sans science. De plus érudits l'ont mieux illustrée que moi, cette théorie là, tout de même. Alors, je pense pouvoir me fier à leurs connaissances éprouvées, pour appuyer mes présomptions hasardeuses.
Le monde est vaste, nous sommes petits. Le temps universel est long, le nôtre est court. C'est ainsi. En consolation de ce qui pourrait décourager les ambitions, je garde la vision à horizon lointain de cette continuité, de cet ensemble où chaque point, chaque instant, participe à la vastitude et à l'éternité. Sans grain de sable, pas de plage.
Lieux communs, oui, Lapalissades, aussi, et bien, bon sens avéré tout de même, de ce qui se répète sans perdre son fondement, et ne peut se contredire.
Mon goût des mots, mon penchant pour la mélodie des phrases, se roule partout. Dans la chronique météorologique, dans les pseudo dissertations bavardes en logorrhées, dans les métaphores faciles.
Mon plaisir n'est pas tant dans ce que je dis ou décris. Il est dans la trace de ces moments, retrouvés à la lecture en décalé. Il est surtout dans ces ruisseaux de mots, dans ces coulées de sons, dont la lecture à haute voix me berce. Je lis mes suites de mots pour leur mélodie, et, tout simplement, je l'aime bien, cette mélodie. Elle me vient sans recherche, elle coule, fluide et légère.
J'apprécie ce plaisir aussi à ma portée. Pour le satisfaire, nul besoin d'efforts ou d'investissements. Juste laisser venir les mots, les tracer, tapoter les touches dociles du clavier.
Allez, je vais maintenant surveiller mes marmites. Assurer là aussi le premier maillon de l'échelle, le moins élevé et pourtant nécessaire.
Ma contribution pérenne à l'histoire se résumera sûrement à ce déversement de mots, à ce flot insignifiant.
Et bien, si mon plaisir y trouve sa source, le plaisir d'autres aussi peut s'y nourrir.
Mes plats ne sont pas raffinés, eux non plus, loin de là. Ils nourrissent quand-même et leur saveur authentique et sans sophistication amuse le palais.
A mon échelle toute modeste, j'ai la prétention de vouloir distribuer du plaisir. N'est-ce pas déjà bien ?
Allez, allez, là encore, il faut parfois forcer le sort, et ne pas par timidité s'empêcher d'offrir son obole.
Tout ce que je risque, c'est qu'elle soit bien reçue, ...ou écartée. Alors !
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