lundi 11 juin 2018

11 juin


Lundi 11 juin 2018  11H


Le temps est toujours terriblement incertain. 
Le paysan se désole : le foin devient paille creuse, le maïs stagne, jaunissant. Les vers gris ne vont pas tarder à décimer les rangs, les adventices verdissent  déjà les interlignes.
La petite course contre la montre pour la survie de la jeune plantule est engagée. Le moment est critique mais pas désespéré allez ! 
Quelques journées ensoleillées suffiront à ramener la situation à la normale. Cette semaine encore, ça paraît compromis. Comme disait l'autre, puisqu'il faut attendre, attendons !

En attendant, je m'occupe encore de ces divers administratifs, toujours en affaires avec ces maudites mutuelles, connectées comme par magie, déconnectées, dont le système de communication mutuelle, justement, semble impossible. L'une demande tel document, l'autre propose tel autre, qui ne va pas à la première, laquelle ne voit pas pourquoi, etc...
Au milieu de tout ça, quand il semblerait pourtant qu'un coup de clic et deux mails feraient l'affaire, le temps passe, le nerf, même en très bon état de départ, se vrille.
On a l'impression d'avoir tout fait bien comme il faut, et puis non, ça ne va toujours pas !
C'est un très bon exercice à la patience et à la ténacité, j'essaie de le considérer comme ça…

Le port de mes audioprothèses au moins me satisfait totalement, si leur remboursement le fait bien moins. Là encore, puisqu'il faut attendre, attendons !
La nouveauté, avec ces appareils, consiste en la modification notable de la perception de mes acouphènes.
Jusque là, j'avais, schématiquement, en continu, nuit et jour, un réfrigérateur ronronnant sur l'épaule gauche, et une cithare entêtante en boucle sur la droite. Quelques sifflements aigus intempestifs, et une montée en gamme musclée, dans les moments de fête.
Comme par exemple là, quand j'en suis à mon douzième mail et quinzième interlocuteur pour une affaire paraissant assez simple, au demeurant.

Depuis que je suis "appareillée", l'acouphène intérieur se dilue dans les bruits perçus. Il passe au second plan, et je l'y oublie volontiers.
Au soir, quand je me démonte, tel le robot bionique, l'acouphène reprend du service, enfin libre, telle la génisse lâchée dans le pré après l'hivernage à l'étable.
Il s'en donne à cœur-joie, et, maintenant, modifie son registre, particulièrement dans l'oreille droite, où son ancienneté lui donne sans doute le privilège.
La cithare est devenue chaton miaulant son désespoir. Plus entêtant, crispant.
Accoutumée depuis le temps à ces hallucinations auditives, j'arrive  à me persuader de leur inoffensivité, et à passer suffisamment outre, pour m'endormir avec.
Dans la nuit, le chaton se calme, ou s'enroue, se décourage, du moins, et me laisse retrouver ma cithare plus mélodique.
Cette petite voix alarmée en moi doit avoir peur de se laisser oublier, noyée dans le bruit réinvesti.
Je tâche de la rassurer : elle s'est suffisamment faite entendre, qu'elle ne s'inquiète donc pas !

Cette voix intérieure est comme mes appels sur les boîtes mails. Elle panique à l'idée de se perdre dans la masse.
Allons, allons, de toute chose il reste trace, et l'agitation ne mène qu'à la fatigue inutile.
Le fatras des interventions brouille les ondes et gêne la communication efficace.
Là aussi, il faut éviter de se laisser entraîner dans le tournis, et privilégier l'intervention efficace. 
Encore une petite affaire à suivre...


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