6 mai 2018 9h30
Un bien beau dimanche matin, ensoleillé, clair et pur. Enfin!!
Ces dimanches du mois de mai où communions, confirmations, baptêmes, mariages religieux et autres cérémonies chrétiennes, dans le désordre de leur survenue dans une vie, font contrepoint à des fêtes païennes, du travail, de l'armistice, des mères, mêlant joliment le spirituel, le guerrier, le social, en un canevas plus hétéroclite encore que mes mosaïques, sont souvent festifs.
Par d'aussi belles journées, ces réunions célèbrent un culte bien plus ancien et profond, celui d'une renaissance, de l'avènement des beaux jours, de l'adoration à un soleil bienfaisant et pas encore écrasant.
Nous allons faire ça à notre manière, à la ferme, avec Olivier, encore et toujours autour de nos plantations et aménagements. Le râtelier est prêt à être posé : dimanche prochain, sauf contretemps, nous attaquons ! Olivier a préféré s'y mettre un dimanche où je travaille. A croire que ma présence ne l'aide pas trop... je me demande bien pourquoi !
Au soir, à la rentrée, j'aurai la joie d'admirer ce râtelier tout neuf, posé respectueusement, en harmonie avec l'habitat, matières nobles et travail artisanal.
La petite fébrilité printanière fait des siennes partout. A la jardinerie particulièrement, où nos plantes et fleurs exultent en pousses et couleurs, l'ambiance est presque fiévreuse. Tonique, aiguisée, tendue, par moments.
Hier matin, la petite crispation évitée l'autre jour nous a presque explosé à la face; une mise au point pointue nous a menés dans des contrées hérissées. De ces contrées trop tumultueuses où rien de bon ne se fait, d'où il vaut mieux vite vite s'expatrier.
Je n'y ai pas eu l'adresse du jeudi, et mes collègues n'ont pas su prendre mon relais.
Comme au billard, où les coups déviés s'enchaînent en stratégies politiques alambiquées, l'un a pris l'autre à partie, soupçonnant un influx du troisième. Le troisième évidemment s'étant abrité derrière le deuxième, il a fallu aller le débusquer dans son repaire. L'en extirper, lui, adroit aussi à s'y cacher, a provoqué une réaction vive. La dite réaction amenant une contre réaction toute aussi musclée.
Résultat des courses, rien de plus, une montée en nerfs fatigante et stérile.
En bons professionnels, à l'ouverture du magasin, passant le portail de la réception, lieu du pugilat, tout le monde a repris son rôle, souriant mécaniquement aux clients déjà présents.
Chacun a remis dans sa besace ses récriminations, justifiées ou pas, fondées ou non.
En d'autres temps, j'aurais harcelé les belligérants tout au long de la journée, ressassant avec hargne mes meilleurs arguments, et les tirant comme des flèches tous azimuts.
Là, au moins, même si je n'ai pas eu la sagesse au départ de désamorcer la petite mine sans avoir à la dégoupiller, j'ai quand même fait taire mes ruminations, les reléguant en mon for intérieur, faute de pouvoir les y oublier. les échanges courtois et quelques signaux de paix de parts et d'autres ont créé suffisamment l'illusion, pour que chacun puisse reprendre le cours de ses relations professionnelles aux autres, sans plus de dommages à venir. C'est déjà bien, allez !
La journée a été bonne, le chiffre à l'avenant.
Pour cette petite altercation désagréable, beaucoup de satisfactions parallèles.
Olivier a joué le confesseur au soir, continuant le sain travail d'expulsion.
Je dois libérer mes émotions, c'est une nécessité thérapeutique, dans ma configuration mentale.
Comme il est improductif et inefficace de le faire en franc, selon ma nature, en confrontation directe et faciale, je dois biaiser, moi aussi, comme les autres.
C'est une stratégie politique que je comprends, je suis capable d'en démonter les mécanismes. Les enchaînements de ces méthodes indirectes et sournoises ne me sont pas inconnus.
Je ne les pratique qu'en cas de force majeure, contrainte et mal à l'aise.
Je ne les pratique qu'en cas de force majeure, contrainte et mal à l'aise.
Je ne peux pas demander à tous mes contemporains de partager mes préférences. Je dois m'adapter à eux ; ils s'adaptent bien à moi !
Ces petites roublardises me font penser au jeu de billard : les coups les plus tordus sont les plus admirés !
Attaque au centre, coulé, coup naturel et autres coups fourrés (!), plus le chemin est long, plus la boule doit percuter d'autres boules et rebondir sur les bandes pour finalement atteindre son but, mieux c'est !
Je reste quand même persuadée que le plus court chemin d'un point à un autre reste la ligne droite. La franchise, le coup direct, me paraissent moins fatigants, plus simples.
Je dois l'être trop, simple, parfois, simplette ?
Non pourtant, je n'ai pas cette impression... Me trompe-je ?
Peut-être... et peut-être pas !
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