mercredi 2 mai 2018

2 mai



Mercredi 2 mai 2018 16h04

Aïe ! Je comptais sur une après-midi ensoleillée pour mes rattrapages de peinture.
Ca a failli arriver : le soleil perçait derrière le rideau de nuages, ses rayons cueillaient, de plus en plus péremptoires, les pans de murs et les bosquets fleuris d'acacias.

Malurosli, comme diraient les anglais, cela fût, et n'est plus. Pour rester dans la touche polyglotte : "estos tiempos fuéron !"
Je ne veux plus me perdre en lamentelles. Je prends ce qu'on me donne, avec gratitude, et m'interdit de convoiter le reste, du coin d'un œil torve.

J'ai pu dans la matinée peinturlurer ici et là, ça ira comme ça.

Mère-Rhune attend placidement le bon vouloir de son Bel-Astre capricieux de fils :





Il s'est éloigné, au delà de ma fameuse pinède d'acacias !
Bah ! il se souviendra, oui, et reviendra...

Je fais pareil, captant les rais lumineux quand ils daignent pointer leurs doigts jusqu'à moi :





J'ai pu avoir un aperçu éclairé de la ramure large et généreuse de mon œuvre dernière. Pour une image complète, j'attendrai, puisqu'il le faut.

Sans m'impatienter, j'ai peaufiné l'entrée du grenier. J'avais en tête de reprendre la tranche du balcon, toujours salie des gouttières d'eaux sinuant entre les dalles au sol. Mon pot de peinture verte à la main, pinceau levé, j'ai considéré mes simili-marguerites :



Elles me plaisaient déjà, telles qu'elles.
Pourtant, un flou, une dérive, me chiffonnaient un peu. Ca ne manque pas de mouvement, l'énergie et l'allant y sont, oui. Les fleurs pâlottes, les contours timides des pétales étoilées, là, c'est plus mou, moins enlevé.
L'intuition m'est venue comme viennent les idées, sans trop s'annoncer.
J'ai approché le mur, lorgné la fleur... et 



réparé l'erreur !

Entretemps, le soleil m'avait abandonnée.
L'effet en est tout affadi. 
Derrière le gris, au delà du terne, j'imagine mes deux images mêlées, les dorures animées de la première et les étoiles toniques et jaillissantes de la seconde.
Je verrais ça comme une surprise, un soir, en rentrant de la jardinerie. Tout à l'heure, peut-être même, au retour de la promenade, déjà.
Je verrai ça, et même, sans le voir, je l'imagine et en retire par anticipation un plaisir vif et sûr.

Mon pot de dorure touche à sa fin. Mes peintures murales feront de même.
Je m'y suis bien amusée. 
Je verrai bien comment tout ça vieillit. Et puis, si une nouvelle lubie me prend, si mes similis marguerites ne me séduisent plus, je changerai, je ne suis pas en peine !

En attendant, je vais avec les chiens longer les chemins creux étrécis des taillis gonflés de sève. Arrivée sur une hauteur, regarder au loin les volumes drus des arbres serrés en silhouettes pressées. Les verts tendres des feuillus tardifs, ceux plus soutenus des chênes du pays, déjà aguerris, les blanches grappes ployées des acacias.

Je vais me régaler de mes paysages familiers et en sentir la force et la beauté.
M'en imprégner et revenir, comme d'un voyage lointain.
Espérer le retour du soleil chaud sur la peau, sans impatience ni aigreur. Il reviendra, et me fera alors oublier ses manques de maintenant.

Ah tiens, en parlant de manque : le nom qui me manquait, justement, la dernière fois. Ce Gérard pas du tout Arnouilh, non. Garouste, voilà, Gérard Garouste. Il y a bien peu de chances que cet homme tombe sur mes manques, aussi, il n'en souffrira pas. Moi, l'avoir retrouvé me rassure, comme on se satisfait de remettre la main sur un vieux bibelot fourragé au fond d'une armoire. On n'en a pas spécialement besoin, aussi bien, on le jettera.
Le savoir par là, quelque part, tout près, et ne pas mettre la main dessus, c'est quand-même agaçant.
Ces petites choses qui nous échappent nous narguent malicieusement. Titillent et pincent à l'orée de nos quotidiens, sans que l'on puisse en écarter la gêne. Mettre la main dessus, ce n'est pas que ça avance beaucoup, mais bon, ça débarrasse !






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