mercredi 23 mai 2018

21 au 23 mai



Lundi 21 mai 2018 9h42


Nous avons eu un dimanche magnifique.
Matinée détente, avec visite à la biquette, pis, ongles, caresses et contemplation du paysage depuis le haut du champ, où les arbres de mon enfance, quand nous ramassions là-bas les patates, sont devenus de grandes silhouettes aux racines noueuses, à l'ombre desquelles il fait bien bon vivre.

Mercredi 23 mai 2018 11h00

J'ai été interrompue en plein élan lyrique lundi. Cousinou Pelli est venu pour une des multiples réparations électriques nécessitées à la ferme.
Je remercie le Seigneur chaque jour d'avoir à portée de telles compétences, si serviables et disponibles, quand l'installation ici défaille de tous côtés, vétuste et fatiguée comme elle l'est. Pour le moment, tout fonctionne, et, jusqu'à la prochaine panne, nous nous estimons totalement satisfaits.
Ces jours-ci, l'extérieur est tellement bénéfique à vivre, que mes pauses écritures se font sporadiques et brèves.
Je suis à fond potager, fleurettes, jouissance de la campagne en pleine effervescence.
Les semailles vont bon train, les fanaisons ont déjà commencé. Le top-départ des travaux agricoles bat son plein, donnant au jardinier amateur le feu-vert.
La jardinerie ne désemplit pas. Le retard cumulé de ce printemps maussade se grignote chaque jour. 
J'aime cette ambiance un peu fiévreuse, cette énergie tonique et collégiale.

Pour revenir à notre dimanche, il fût des plus agréables et diverti.
Après la matinée biquette champêtre, déjeuner à Ibardin, en famille, pour fêter le nouveau râtelier, encore objet d'admiration. Nous l'aurons bientôt dans l'œil, familier et fondu dans son environnement. 
Le grand soleil, un petit air vif, les bosquets déclinés entre verts profonds des conifères, feuillages tendres des caducs, fleurettes bucoliques et discrètes sur les talus ombrées de grandes fougères déployées.
Le lac, toujours tranquille et apaisant.
Il me semble bien que ma dernière visite à ce lac était toute tristotte, enlisée que j'étais dans ma vase intérieure fétide.
Ca fait du bien de revisiter le même paysage dans un tout autre état d'esprit, d'en savourer les senteurs et les couleurs avec légèreté et plénitude. On fait la différence, on mesure le bon chemin parcouru, on souffle et on respire à grandes goulées soulagées.

L'occasion durant le repas de tester grandeur nature mes appareils audio : un grand gaillard jovial et expansif en diable éclatait sans préavis d'un rire fracassant. Les attablés s'en retournaient, saisis dans leurs assiettes.
J'entendais, moi aussi, comment faire autrement ? Mais aucune gêne, aucune agression dans mes conduits acoustiques protégés. Quel confort ! Quel plaisir de suivre à table la conversation, percevant les éclats de voix autour, sans qu'ils prennent le dessus et vous isolent de vos convives.
A la jardinerie déjà la veille, j'avais pu pratiquer des exercices musclés : la patrouille de France, avec ses avions de chasse rasants et sifflant bruyamment dans notre ciel.
La violence sonore de ces passages à grande vitesse et basse altitude m'aurait jetée au sol, tétanisée telle le scarabée retourné, en d'autres temps, le temps d'avant l'appareillage.
Là, la stridence fulgurante m'était pénible, évidemment, mais, pour ce que j'en percevais, pas tellement plus que pour les autres, les "entendants".
Au soir, une petite fatigue acoustique me vrombissait dans le cervelet. Après une journée à la clientèle nombreuse, animée, aux chariots tressautant sur le bitume inégal, à un Philippe survolté, non, vraiment, c'était inespéré, et j'étais tout à fait satisfaite de mon équipement.
Quelques réglages vendredi continueront le perfectionnement de la compensation robotique.
Je progresse, je progresse...

Je n'ai pas revu la famille hérisson mise au jour vendredi, quand mon frère a charrié les balles de foin, pour les entreposer au grenier. La nouvelle récolte est annoncée, il faut faire la place.
Une mère et deux petits nichaient derrière la dernière balle. Surpris par le soudain grand jour, hébétés de se retrouver ainsi offerts à la vue, ils ont trottiné aux abris, derrière les panneaux de bois isolant la maçonnerie des balles de foin.
Nous les avons regardé faire, un peu attendris. Les chiens les ont vus aussi. Aïe !! Les petits étaient déjà armés d'épines et précédés de cette puanteur répulsive. Ils devraient repousser les assauts, je l'espère, du moins.

Les vaches à la rentrée le soir ont humé ces effluves putrides nappant le plancher du grenier investi par ce foin parfumé à la pestilence hérisson.
Comme je venais d'étrenner mes appareils acoustiques, ces souffles m'ont paru bien bruyants, plus inquiets qu'ils ne l'étaient en réalité.
J'entends mieux mes vaches respirer, happer leur foin, croquer le pain sec.
Je réinvestis les bruits de la ferme, les bruits de la rue, les bruits de la jardinerie.
Je réinvestis le plaisir d'une conversation à plusieurs, en dehors de celles en face à face.
Je redécouvre l'intensité des bruits de la nature, dépoussiérés de ce feutrage atténuant insidieux.

Vendredi, je retourne voir le spécialiste, pour les premiers réglages.
Je dois bien réciter ma leçon, récapituler les premières expériences, pour les lui donner en informations à traiter :

1/ le positionnement dans l'oreille, la profondeur, l'angle.
2/ le "jingle" départ, à peine perçu une seule fois. 
3/ le chuintement-provespan, l'hyper-perception de tout ce qui froisse, crisse, grésille en radiophonie
4/ le grand confort dans le bruit répercuté en échos, la meilleure perception de ces bruits et l'absence de gêne à les percevoir ensemble.
5/ la persistance de la difficulté au téléphone
6/ l'impression de ne pas avoir beaucoup gagné en perception de conversation face à face

Ce sera un bon point de départ. Nous peaufinerons ensemble par la suite.
L'audioprothésiste, c'est comme le dentiste : on sait quand on commence, jamais trop quand ça va finir...
Je ne suis pas pressée. L'important, c'est de se sentir dans la bonne voie, de progresser vers le meilleur.
Les journées sont magnifiques. La technologie est au point. La vieille carcasse se montre encore adaptable.
Alléluia !!













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