Vendredi 26 janvier 11h15
Pas de grand soleil aujourd'hui. J'ai bien fait d'en faire le plein mercredi !
La pluie a déposé des gouttes sur les carreaux. Le paysage derrière est détrempé, les couleurs foncées de toute cette eau accumulée.
La nappe phréatique sera réalimentée, cette année.
Je me suis attelée tout à l'heure à la cartographie locale ancienne. Ce Gegel vous fait remonter le temps en un clic...
Je ne me perds plus maintenant dans les vieilles histoires de famille. Non, là, je suis plutôt dans la géographie, retrouvant le tracé du vieux verger d'Agorreta, ces fruitiers plantés par mon grand-père.
En 1950, ils avaient une quinzaine d'années, et leurs couronnes sombres piquètent la photo aérienne, sinuant le long du talus. Ca dessine des courbes et des lignes, suivant la pente naturelle du terrain. Ca parle d'histoire, mais d'une histoire agréable et bucolique.
En ce temps-là, Agorreta se résumait à ces terres et à la ferme.
Ca paraît bien joli, vu d'en haut, et ça devait l'être.
Maintenant, c'est différent, plus peuplé, plus habité, plus animé, quoi.
Toujours ces petits biais fantaisistes dans mes numérisations : c'est vrai, ça, pourquoi toujours tout bien droit, hein ??
Toujours ces petits biais fantaisistes dans mes numérisations : c'est vrai, ça, pourquoi toujours tout bien droit, hein ??
Ces considérations géographiques me rappellent les références de mon frère Beñat, pour expliquer sa maladie, la nôtre.
Pour imager la bipolarité, il expliquait comment il passait du pôle sud au pôle nord, par cycles.
Quand il aurait tant voulu se maintenir à l'Equateur, dans des territoires moins extrêmes.
Cet homme a la géographie planétaire en tête !
Moi, c'est plutôt le niveau de la mer : même si je ne sais pas nager, le milieu marin doit me rappeler le liquide amniotique du ventre maternel, où je devais me sentir en sécurité.
Enfin, sécurité toute relative, puisque je fus, à l'époque, secouée par un accident routier, le ventre de ma mère alors enceinte de moi allant s'écraser contre le volant dur.
De ce choc anté-naissance m'est resté un écrasement des cervicales, cette raideur de la nuque parfois douloureuse.
Je suis donc plus dans la notion aquatique, me représentant mes phases hautes comme la course survolant l'écume des vagues, d'un hors-bord lancé à plein régime, quand les épisodes sombres m'évoquent la plongée lente, pathétique et implacable du Titanic en coulée.
A chacun son imagerie, le tout est de s'y reconnaître !
C'est quand même un manque de chance assez déconcertant, de cumuler dans une seule petite tête ordinaire, deux pathologies pas si communes.
D'après Gegel toujours, (on trouve de tout, dans ce Gegel, des conditions de retraite jusqu'à la décortication de mes fameux canaux sodium-voltages brûlés), moins de 5% de la population est atteinte de bipolarité pathologique, et à peine 4 % souffrent de cette maudite maladie de Mesnière confirmée.
Comme quoi, il faut être maudit pour cumuler les deux...
A moins qu'il n'y ait un lien de l'un à l'autre, dans ces dysfonctionnements cérébraux-crâniens.
Après tout, entre fluidité voltaïque et fluidité osmotique, il doit bien y avoir un rapport.
Des ions sodiums se bloquent en piquet de grève rouge. Des molécules baignant gentiment dans le liquide céphalo-rachidien oublient de se laisser gagner par la pression environnante, et se congestionnent, s'arcboutant contre les membranes un tantinet sensibles de la dure-mère cérébrale. Résultat des courses, la sensation d'un espace mouvant, flottant, tournoyant de plus en plus vite, un mal de mer force 12, avec toutes les joyeusetés qui vont avec.
Le même désordre que dans la cuve de mon surpresseur à eau, quand la membrane dégonflée barbotte comme une outre percée.
Toutes ces notions restent évidemment aussi fantaisistes que mes angles de numérisations. Il doit y avoir quelque chose, quand-même, là, dans ces grippages, ces bouchons de circulation mini molaires.
Quelque chose que la science médicale n'a pas encore bien exploré.
Moi, plus d'une douzaine années d'études, sans compter celles de la spécialisation en neurologie, ça me fait beaucoup, maintenant. Je m'y serais bien attaquée, à une époque, mais là, le temps que j'en voie le bout, il ne m'en restera plus beaucoup, de ce bon temps, pour en tirer profit. Je laisse ça à de plus indiqués que moi, et, en attendant que la médecine progresse, je vogue comme je le peux entre les solutions proposées, sinuant de l'une à l'autre comme les rangées de pommiers de l'Agorreta 1950 !
Après tout, entre fluidité voltaïque et fluidité osmotique, il doit bien y avoir un rapport.
Des ions sodiums se bloquent en piquet de grève rouge. Des molécules baignant gentiment dans le liquide céphalo-rachidien oublient de se laisser gagner par la pression environnante, et se congestionnent, s'arcboutant contre les membranes un tantinet sensibles de la dure-mère cérébrale. Résultat des courses, la sensation d'un espace mouvant, flottant, tournoyant de plus en plus vite, un mal de mer force 12, avec toutes les joyeusetés qui vont avec.
Le même désordre que dans la cuve de mon surpresseur à eau, quand la membrane dégonflée barbotte comme une outre percée.
Toutes ces notions restent évidemment aussi fantaisistes que mes angles de numérisations. Il doit y avoir quelque chose, quand-même, là, dans ces grippages, ces bouchons de circulation mini molaires.
Quelque chose que la science médicale n'a pas encore bien exploré.
Moi, plus d'une douzaine années d'études, sans compter celles de la spécialisation en neurologie, ça me fait beaucoup, maintenant. Je m'y serais bien attaquée, à une époque, mais là, le temps que j'en voie le bout, il ne m'en restera plus beaucoup, de ce bon temps, pour en tirer profit. Je laisse ça à de plus indiqués que moi, et, en attendant que la médecine progresse, je vogue comme je le peux entre les solutions proposées, sinuant de l'une à l'autre comme les rangées de pommiers de l'Agorreta 1950 !
Mon choc prénatal, une génétique avariée, une histoire ordinaire, avec son lot de bousculades, et des circonstances non atténuantes, tout ça s'est gentiment cristallisé en une conjonction étrécie, où je ne pouvais que me retrouver coincée.
Bah !! l'essentiel, c'est de trouver une issue, et, petit à petit, je crois bien que je vois mieux la lumière...
Tiens, revoilà même le soleil, un peu pâle, mais là quand même, happant les façades blafardes d'Orio, en face.
Je descends préparer le déjeuner.


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