dimanche 14 janvier 2018

10 au 14 janvier


mercredi 10 janvier 2018 10h

J'ai bouclé mes petits ordinaires logistiques.
Je vais maintenant sans doute faire un petit désherbage de mon potager : les journées rallongent, et ce surplus de lumière donne des envies de jardinage, déjà.
J'attendrai raisonnablement le mois de mars. Pour autant, mes sillons ne doivent pas verdir !
La journée s'annonce agréable, vive mais claire.

Entre deux, je fais aussi mes classements administratifs et autres. J'aime bien avoir mes petits dossiers en ordre. Comme dit joliment Nathalie de la jardinerie, j'archive à des fins statistiques, mais aussi pour pouvoir avoir plus tard le plaisir d'y revenir, et retrouver dans les mots d'aujourd'hui ainsi préservés la joliesse de ces moments.

Je montre, évidemment, je quête le regard des autres, oui. J'en ai besoin, comme, sans doute, la plupart des humains, animaux sociables et grégaires. Les ermites et les grands sages solitaires sont denrées rares ! Je n'en suis pas...
Je garde, je le crois, je l'espère, assez d'ossature propre pour me tenir debout par moi-même. Mes vertiges s'estompent d'ailleurs, devenant petits tournis fugaces, sensation d'un commencement de ce qui pourrait tourner mal, mais reste circoncis à un désagrément passager tout à fait supportable. Je croise les doigts pour que la tendance persiste !

La petite et leste Monedero s'annonce, pour mon affaire du moment.
Je descends.


Vendredi 12 janvier 2018 11H

Juste, je passe par là. Une affaire de documents à transmettre à l'assurance, de ces petites affaires paraissant toutes simples, et dont la finalisation est toujours plus compliquée !
Enfin, on finit tout de même par y arriver...

J'attends pour ce midi Laurence, ma douce et belle Laurence.




Un très bon moment en perspective. Des bavardages légers, son si joli rire.
Ma Laurence a été en 2017 compagne de mon infortune, partageant avec moi la douleur et l'inquiétude de la maladie. La sienne, bien visible, répertoriée, et terrifiante, ce cancer qui parle de mort. Elle se bat et s'en sort. 
Nous partageons maintenant une correspondance assidue, et bénéfique, je le pense, pour toutes les deux.
C'est la première visite à la ferme, pour elle, et, je l'espère bien, pas la dernière !


Dimanche 14 janvier 15h20

J'aime bien dater, jour et heure, mes petits passages ici. J'en retrouve mieux la saveur, de savoir à quel moment de la semaine et de la journée, j'en étais, quand je traçais ces mots.
Mes petits cailloux  seront précisément semés, et répertoriés, pour qui en voudra suivre la trace...
La visite de ma Laurence a été bien agréable. Comme prévu, des rires, ses éclats vifs et réservés, sa joie comme elle-même discrète et profonde.
Nous avons été au soleil de l'après-midi cheminer le long de la baie. Je dois me tenir à la gauche de mon interlocuteur, pour lui tendre ma bonne oreille. Instinctivement, je me mets plutôt à sa droite ! Evidemment ! Ce sont alors des chassé-croisés  obligés, en un ballet pas toujours ordonné et encore moins gracieux : à quelques bousculades près, on y arrive !
Notre promenade hendayaise est bien jolie. Je ne la pratique pas trop, puisque ma mini-meute aurait vite fait de semer la panique en ces tranquilles parages, prenant en chasse le moindre animal domestiqué urbainement tenu en laisse, et aboyant bruyamment après tous les promeneurs. Ils sont un peu comme moi, ces chiens, de  la campagne, et un peu exotiques en milieu civilisé !

J'ai apprécié nos bavardages, j'ai aimé notre échange de confidences. Tout parlait d'espoir en un avenir plus léger, de petites choses banales, de nos vies retrouvées, et, maintenant, regardées avec gratitude dans leur banalité.
C'est l'avantage, de ces passes mauvaises : quand on s'en tire, l'ordinaire jusque là vu comme un dû devient cadeau inestimable.

Je goûte un dimanche en célibataire à la ferme. Olivier fait l'inventaire à Tyrosse. C'est une curiosité de grande firme, de faire un inventaire le samedi soir et le dimanche. Je ne donne pas cher des comptages autour des minuit... On ne m'a pas demandé mon avis, il est vrai, mais quand-même, je peux bien avoir une idée sur la question. Je suis une fan des inventaires, on le sait, et je prétends, d'expérience et sans modestie, en connaître suffisamment les mécanismes, pour savoir les approximations désastreuses d'un tel travail entamé à la fermeture du magasin.
Là encore, on ne m'a pas attendue, et je n'ai pas mon mot à dire, alors, je constate, et je passe !

Notre dimanche est paisible, gris et pluvieux, d'une pluie froide et sporadique.
Ce matin, les visiteurs se sont succédés autour de la grande table en bas : Beñat et son garçon au regard ténébreux, Berra et ses recettes de cuisine, les frérots, les uns après les autres ou ensemble.
Une matinée juste bien animée, des occupations distrayantes : j'ai rafistolé le râtelier comme j'ai pu, avec de la ficelle, c'est tout dire ! Il va falloir que je me penche sur ce cas sérieusement, et avec un matériel un peu mieux pérenne.
Ma Rubita m'a donné quelques soucis, dernièrement : oh, pas elle, elle est en grande forme, la bougresse ! Non, c'est un jeu qui doit l'amuser suffisamment : à temps perdu, elle bourre de foin son abreuvoir. Là, je rejoins mon nécessaire rafistolage à reprendre. Le foin distribué depuis le grenier passe trop facilement au travers de barreaux maintenant clairsemés, et tombe dans les auges... et dans les abreuvoirs. Les vaches aggravent le phénomène en faisant leur tri sélectif juste au dessus des dits abreuvoirs. Les brins chutent dans les bols, et achèvent de les remplir.
Quand mes belles ont suffisamment mangé, une petite soif les taraude, elles poussent du mufle le tas gentiment humecté, pour actionner la palette ou la tige, suivant les modèles. Quand elles ont assez bu, elles relâchent la pression, et la tige ou la palette reviennent en place, bloquant l'arrivée d'eau. Jusque là, tout va bien !
Ma Rubita, elle doit aimer se rincer les gencives après ses repas, et insister suffisamment pour maintenir poussée la tige de son abreuvoir en position ouverte, bloquée là par un amas de foin compacté. Résultat, quand elle a fini de boire et de se rafraîchir à son goût le naseau, elle relève sa grosse tête, satisfaite, mais l'eau continue de couler dans le bol, puis, très vite, évidemment, hors de ce même bol, suintant perfidement jusque dans la litière, puis dans la petite rigole d'évacuation, tout le long, jusqu'à la grille collectrice.
Quand je constate les dégâts, mal alertée par le chuintement de l'eau que j'entends à peine, remontant le cours du filet d'eau claire jusqu'à l'abreuvoir de ma grande rousse, j'enlève le foin aggloméré, et la tige revient immédiatement à sa place, arrêtant l'hémorragie.
J'ai supputé un ressort grippé, lubrifié, mais rien n'y a fait. En dernier recours, j'ai réduit la pression d'arrivée, au moyen d'une vis commodément tendue à cet effet. Je me suis dit que peut-être, avec un jet plus discret, ma Rubita serait moins tentée de rester le mufle appuyée. Un raisonnement un peu aléatoire, je le sais, mais bon. Depuis vendredi, jour de mon intervention hautement technique, pas de ruisselet. A suivre, évidemment, deux jours ne rendent pas l'expérience concluante. Tout de même, je garde confiance, et ma Rubita  belle tournure.

Le ciel s'assombrit, le tonnerre gronde. Je vais descendre mettre du bois dans le poêle.
J'irai ensuite me promener avec les chiens. Nous ne croiserons sûrement pas grand monde !


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