vendredi 27 avril 2018

27 avril



Vendredi 27 avril 2018 15h26


Les cieux assombris annoncent la pluie. Cette humidité ne vaut rien pour les petits travaux de peinture prévus. Quelques rattrapages de blanc ici et là, sur ces quelques fissures et autres. Je ne peux quand même pas orner toute la ferme de mes arbres et lianes en trompe l'œil. Enfin, ils ne trompent personne, puisque mon art est pure création, et non plate figuration !
Reproduire une réalité, la reproduire mal qui plus est, ne nécessite qu'application. Un, appliquée, je ne le suis pas, et deux, je prétends à autre chose, une distance, un angle de vue inédit, une élévation, presque !!!  Heemm, je m'emballe encore, là. Dieu merci, tant que je me regarderais avec une gentille moquerie, cousine d'une lucidité solide, je ne risque pas trop grand chose...

La réalité, d'ailleurs, c'est comme la solitude chantée par Nicoletta, ça n'existe pas. Chacun a la sienne, et le tangible, le réel, n'est rien de plus que ce que l'on en perçoit. Différents et uniques pour chacun, alors, l'universalité d'une réalité, merci !

Pour exemple, je regardais ce matin le soleil se lever. J'ai toujours raconté ce lever printanier derrière la pinède. Quand de pinède, à cet endroit, il n'y en a pas ! Des pins, pas trop loin, oui. Mais là, juste là devant le soleil, exactement, ce sont des feuillus. A vue de nez, je dirais des acacias. J'ai toujours plus ou moins su mon inexactitude. Je suis dans le végétal depuis trente ans tout de même ! J'ai quand même toujours maintenu ma pinède, par poésie, comme ça. Je trouvais l'image jolie, et familière. Ce bosquet d'acacias par lui-même est tout à fait charmant, lui aussi. J'aime beaucoup, d'ailleurs, l'acacia, je le peins partout. Allez savoir pourquoi j'ai entretenu ce leurre même pas inconscient. 
J'aurais eu cent fois la possibilité d'aller vérifier, sur place. Et bien non, ce savoir là ne me tente pas, comme cette ignorance me sied.

Il en va ainsi de tant de choses. Ces réalités inventées, imaginées, fantasmées, enjolivées. Ces mannequins habillés à convenance et opportunité. Il doit y avoir une signification à mes errances, une justification à ces approximations où je délasse mes étrécissements.
Pour avoir écouté bon nombre de mes contemporains, pour en avoir lus pas mal de plus anciens, il me semble bien avoir senti notre fraternité humaine en ce domaine...

Tiens, je vais glisser ce soleil levant derrière "ma" pinède, dans mon tiroir pas secret :









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