Mes oreilles tintent. Trop de bruit, hier, trop de route, trop de temps à table.
Je suis devenue une horlogerie bien délicate !
Trop de sommeil, cette nuit, aussi, avec un réveil tardif. Rien n'appelle à la ferme, maintenant, le matin : pas de petits veaux à faire téter, les grandes ne sont pas spécialement impatientes, le père est tout à fait autonome.
Je devrais me réjouir de cette latitude, au lieu de geindre sur ma tête bourdonnante ! C'est désagréable, bien-sûr, mais plus je m'arrêterai dessus, plus le phénomène aura partie gagnée. Allez, faisons front, et luttons vers l'optimisme et la sérénité. Ne nous laissons pas malmener si facilement. Christ est ressuscité, Alléluia !
Ca peut marcher, sait-on jamais.
Je fais en tout cas de mon mieux...
Il fait doux, quelques volées venteuses assainissent l'atmosphère.
Après le restaurant à Itxassou, hier, en ce lundi de Pâques, un repas ici, une longue promenade et quelques observations liminaires du râtelier à changer achèveront la restauration de mon mental.
Olivier est là. Je le sens attentif et j'ai envie de nous faire une jolie journée. C'est un bon début. Je mesurerai ce soir à l'aune du résultat l'efficacité de ma méthode.
Mercredi 4 avril 2018 10h41
Nous passons d'un extrême à l'autre, avec des écarts de température en deux jours de presque 15 degrés !
Ma foi, c'est bien agréable de sortir les vieilles peaux au soleil, et d'espérer y dégripper les articulations trop raides.
Deux journées moyennes, mais très supportables dans leur morosité, tout de même.
Hier, un angle de vision étrécie me rendait le monde vite flou et instable. J'avais d'ailleurs du mal à contenir mes chancellements dans une latitude raisonnable. Les clients ont du s'étonner de ces oscillations, même si j'essayais de prendre un air dégagé et assuré, en m'arrimant ici ou là, préférentiellement sur un tronc solide, ou un appui de confiance. Dieu merci, ma pépinière n'en manque pas !
C'est inconfortable, cette petite pression persistante en tête, mais je fais de mon mieux, là encore, pour ne pas la laisser s'emballer. Je suis assez satisfaite de ma capacité de résistance, de l'adaptation de cette coquetterie dans ma vie quotidienne. Au moins, je ne connais plus, que cela me dure !!, les crises de vomissements, et le monde dans un tambour de machine à laver pendant plusieurs heures. Qui sait, cette petite affection auriculaire se fondra-t-elle peut-être gentiment dans mon paysage ?
Puisque j'ai pris tous les moyens de la circonvenir dans un périmètre difficilement compressible, je devrais pouvoir la maintenir là, et vivre pas trop mal autour...
Le grand soleil venté d'aujourd'hui me verra sans doute au jardin. La ferme est grande ouverte à ces volées exigeantes et fantasques, abruptement purificatrices.
Les vaches sont au pré, depuis dimanche : fallait-il que je sois distraite pour ne pas en avoir parlé avant !
C'est toujours un petit évènement dans l'année, cette première sortie des vaches. Un moment rodéo avec ces grandes follettes tirant sur leurs chaînes. Un ou autre doigt trop pressé entre les maillons de la chaîne tendue bleuit encore de leurs impatiences.
L'occasion de les observer au plein air, de les voir se dégourdir les membres. Rubita est un peu courbatue, semblerait, par les quelques galopades du premier jour. Une ou deux cuillerées d'aspirine gobées avec une pomme coupée en deux la soulageront. Ce matin déjà, elle est plus fluide dans sa démarche.
Bigoudi est plus fringante que jamais, dans sa sixième année. Le pis léger et la patte leste, elle hume l'air, arpente la prairie, apprécie au soir quelques frictions énergiques.
Ses filles sont un peu lourdes, l'exercice leur fera grand bien.
Mes belles seront lavées à la pluie, aérées au grand vent, luisantes au soleil.
Leur stabulation libre au fond de l'étable leur garantit l'abri. La clôture refaite l'hiver de l'année passée préserve les fugues intempestives. Elles sont bien rôdées, reviennent sans histoire à leurs places attitrées.
Je rentre le soir de la jardinerie, elles m'attendent dans le fond de l'étable, sans impatience.
La sortie du matin est plus tranquille, après deux trois jours à peine. Elles s'accommodent vite de la nouveauté printanière.
Une autre ambiance, dans l'étable vide en journée.
Un autre printemps, où je m'efforce de tenir loin l'expérience des deux derniers.
Ce n'est jamais gagné, évidemment. Ca prend quand-même meilleure tournure, allez !
Vendredi 6 avril 2018 15h17
Je relâche l'assiduité à des rythmes trop corsetés.
Je répartis mes tâches obligées en un temps plus long. Tout se fait, et j'évite ainsi la pression horaire stupide et inutile. Puisque j'ai pris le soin d'alléger mon quotidien, c'est bien pour desserrer la bride, alors, je desserre !
Ma bulle d'équilibre oscille moins, elle devient bien plus confortable. Sur deux jours, les efforts pour rattraper le tangage m'ont raidie autant qu'une randonnée de plusieurs heures en pleine montagne... Soit je vais me faire des mollets en béton, soit je vais finir de m'enflammer tous les tendons.
La crise passée a ceci de voluptueux qu'elle nous tend en cadeau cet ordinaire que nous mâchons sans y penser autrement. Comme il est bon de tourner la tête sans avoir cette sensation d'un cerveau qui ne suit pas le mouvement, roulé en boule d'un mercure affolé. Comme il est confortable de regarder l'horizon au loin, de revenir à un plan plus rapproché, fluidement, sans devoir s'astreindre à une étape d'adaptation entre chaque éloignement visuel.
Non, vraiment, quand la mécanique fonctionne, c'est une véritable merveille !
J'écoutais au retour de la jardinerie hier soir une émission radiophonique (ça paraît vieillot, mais je ne vois pas d'autre appellation).
Thème : la cinquantaine dans le monde du travail. Tiens donc, après une récente lecture, je tourne toujours dans ces eaux là. Ou alors, je relève mieux ce qui me concerne le plus...
Les journalistes et intervenants présents paraissaient accablés d'une déroute annoncée et douloureuse, injuste mais implacable.
Les appels téléphoniques, relayaient tout le contraire, présentant à qui mieux mieux des quinquagénaires, voire sexagénaires, épanouis, heureux, qui "s'éclataient" selon leurs termes.
Bon... Tant mieux pour eux !
Ma petite pomme est plus partagée. La cinquantaine m'a rattrapée rudement, quand jusque là, je n'avais jamais senti le poids des années. La mécanique accuse le coup, même si là comme ailleurs, les inégalités sont criantes. Tout de même, un quinquagénaire peut être en bonne forme, il reste un quinquagénaire, et s'il doit s'aligner avec un trentenaire en bonne forme lui aussi, au départ d'un cent mètres haies, je ne parierais pas sur lui !
Je ne me sens pas mal lotie, même si le fait de cumuler deux pathologies touchant chacune moins de 5% de la population me paraît bien ballot...
Ces pathologies me permettent tout de même de vivre bien. Quelques mauvaises journées ici ou là semblent un tribu léger à payer, et je tâche de garder cette idée en tête, quand viennent les "jours-caisse".
Entre cette philosophie cultivée soigneusement, les molécules et l'environnement plaisant, je m'en sors à peu près bien.
J'ai abandonné depuis longtemps l'idée de vivre "tout naturel". Je m'accommode par force, et avec gratitude des aménagements à porter à cette nature, pas toujours amie.
Mes fines observations m'ont démontré la cruauté et la rudesse de cette nature sauvage, où la vulnérabilité signe vite la mort. Il suffit de voir la marche appliquée d'une colonne de fourmis, où celle qui tombe est immédiatement foulée aux pieds, ou déchiquetée encore vive. Je ne suis pas très sûre du régime alimentaire de la fourmi commune, aussi, mes remarques sont-elles peut-être fausses. Néanmoins, l'idée est bien celle-là : dans notre bien aimée nature, force fait loi, et faiblesse n'a pas sa place.
C'est peut-être la faillite annoncée de notre espèce, cette "tendreté", cette compassion, cette humanité sensée nous différencier de la bête carnassière.
Après tout, ainsi va le monde : tout apparaît, croît et embellit, connaît le triomphe de l'apogée, avant de décliner, et disparaître.
Tout cela, sauf accident, en un temps proportionnellement équilibré, de façon à amener chaque étape sans les heurter.
Il y eut un temps pour les poissons, les oiseaux, les reptiles, les mammifères, les hommes.
Je ne suis pas de ceux qui pensent que l'homme tue la nature. L'homme détruit peut-être son environnement, et l'espèce disparaîtra ainsi, s'éteignant au fur et à mesure de la dégradation des ressources vitales. Cette disparition s'inscrit dans ces cycles intemporels, survenus bien avant notre venue sur la planète. Je ne sais pas au juste ce qui s'est passé avec les dinosaures, s'ils ont été la cause de leur propre perte ou pas. Je ne sais pas non plus si les civilisations aztèques, mayas, grecques, romaines ou européennes se sont elles-mêmes sabordées. Ma culture est mitée et ma curiosité fainéante, je n'irai pas me renseigner plus loin. Tout de même, j'ai ouïe-dire que toutes ces bêtes et ces gens ont connu leur heure de gloire, puis leur déclin, et leur perte.
Notre système, notre civilisation, notre espèce, semblent en perte de vitesse.
Il semblerait que la pente descendante soit amorcée...
Je vis ça à ma manière. Et j'essaie de le vivre dans cette fatalité, marchandant un bien-être coupable et aveugle contre l'obole de ma résignation à un destin immuable.
Etre quinquagénaire, c'est peut-être en être au mitan de la vie, si on calcule large, c'est tout de même avoir la force et l'énergie derrière soi.
Restent la sagesse et la patience, cette sapience dernièrement croisée.
Elle me vient du Roi Salomon, plusieurs siècles avant Jésus-Christ. Relayée par Jean-François Rabelais, illustre penseur, une quinzaine après le même, à un ou deux près. Reprise par moi-même, illustre inconnue follette sans grand feu, une demi-douzaine encore après :
Mercredi 4 avril 2018 10h41
Nous passons d'un extrême à l'autre, avec des écarts de température en deux jours de presque 15 degrés !
Ma foi, c'est bien agréable de sortir les vieilles peaux au soleil, et d'espérer y dégripper les articulations trop raides.
Deux journées moyennes, mais très supportables dans leur morosité, tout de même.
Hier, un angle de vision étrécie me rendait le monde vite flou et instable. J'avais d'ailleurs du mal à contenir mes chancellements dans une latitude raisonnable. Les clients ont du s'étonner de ces oscillations, même si j'essayais de prendre un air dégagé et assuré, en m'arrimant ici ou là, préférentiellement sur un tronc solide, ou un appui de confiance. Dieu merci, ma pépinière n'en manque pas !
C'est inconfortable, cette petite pression persistante en tête, mais je fais de mon mieux, là encore, pour ne pas la laisser s'emballer. Je suis assez satisfaite de ma capacité de résistance, de l'adaptation de cette coquetterie dans ma vie quotidienne. Au moins, je ne connais plus, que cela me dure !!, les crises de vomissements, et le monde dans un tambour de machine à laver pendant plusieurs heures. Qui sait, cette petite affection auriculaire se fondra-t-elle peut-être gentiment dans mon paysage ?
Puisque j'ai pris tous les moyens de la circonvenir dans un périmètre difficilement compressible, je devrais pouvoir la maintenir là, et vivre pas trop mal autour...
Le grand soleil venté d'aujourd'hui me verra sans doute au jardin. La ferme est grande ouverte à ces volées exigeantes et fantasques, abruptement purificatrices.
Les vaches sont au pré, depuis dimanche : fallait-il que je sois distraite pour ne pas en avoir parlé avant !
C'est toujours un petit évènement dans l'année, cette première sortie des vaches. Un moment rodéo avec ces grandes follettes tirant sur leurs chaînes. Un ou autre doigt trop pressé entre les maillons de la chaîne tendue bleuit encore de leurs impatiences.
L'occasion de les observer au plein air, de les voir se dégourdir les membres. Rubita est un peu courbatue, semblerait, par les quelques galopades du premier jour. Une ou deux cuillerées d'aspirine gobées avec une pomme coupée en deux la soulageront. Ce matin déjà, elle est plus fluide dans sa démarche.
Bigoudi est plus fringante que jamais, dans sa sixième année. Le pis léger et la patte leste, elle hume l'air, arpente la prairie, apprécie au soir quelques frictions énergiques.
Ses filles sont un peu lourdes, l'exercice leur fera grand bien.
Mes belles seront lavées à la pluie, aérées au grand vent, luisantes au soleil.
Leur stabulation libre au fond de l'étable leur garantit l'abri. La clôture refaite l'hiver de l'année passée préserve les fugues intempestives. Elles sont bien rôdées, reviennent sans histoire à leurs places attitrées.
Je rentre le soir de la jardinerie, elles m'attendent dans le fond de l'étable, sans impatience.
La sortie du matin est plus tranquille, après deux trois jours à peine. Elles s'accommodent vite de la nouveauté printanière.
Une autre ambiance, dans l'étable vide en journée.
Un autre printemps, où je m'efforce de tenir loin l'expérience des deux derniers.
Ce n'est jamais gagné, évidemment. Ca prend quand-même meilleure tournure, allez !
Vendredi 6 avril 2018 15h17
Je relâche l'assiduité à des rythmes trop corsetés.
Je répartis mes tâches obligées en un temps plus long. Tout se fait, et j'évite ainsi la pression horaire stupide et inutile. Puisque j'ai pris le soin d'alléger mon quotidien, c'est bien pour desserrer la bride, alors, je desserre !
Ma bulle d'équilibre oscille moins, elle devient bien plus confortable. Sur deux jours, les efforts pour rattraper le tangage m'ont raidie autant qu'une randonnée de plusieurs heures en pleine montagne... Soit je vais me faire des mollets en béton, soit je vais finir de m'enflammer tous les tendons.
La crise passée a ceci de voluptueux qu'elle nous tend en cadeau cet ordinaire que nous mâchons sans y penser autrement. Comme il est bon de tourner la tête sans avoir cette sensation d'un cerveau qui ne suit pas le mouvement, roulé en boule d'un mercure affolé. Comme il est confortable de regarder l'horizon au loin, de revenir à un plan plus rapproché, fluidement, sans devoir s'astreindre à une étape d'adaptation entre chaque éloignement visuel.
Non, vraiment, quand la mécanique fonctionne, c'est une véritable merveille !
J'écoutais au retour de la jardinerie hier soir une émission radiophonique (ça paraît vieillot, mais je ne vois pas d'autre appellation).
Thème : la cinquantaine dans le monde du travail. Tiens donc, après une récente lecture, je tourne toujours dans ces eaux là. Ou alors, je relève mieux ce qui me concerne le plus...
Les journalistes et intervenants présents paraissaient accablés d'une déroute annoncée et douloureuse, injuste mais implacable.
Les appels téléphoniques, relayaient tout le contraire, présentant à qui mieux mieux des quinquagénaires, voire sexagénaires, épanouis, heureux, qui "s'éclataient" selon leurs termes.
Bon... Tant mieux pour eux !
Ma petite pomme est plus partagée. La cinquantaine m'a rattrapée rudement, quand jusque là, je n'avais jamais senti le poids des années. La mécanique accuse le coup, même si là comme ailleurs, les inégalités sont criantes. Tout de même, un quinquagénaire peut être en bonne forme, il reste un quinquagénaire, et s'il doit s'aligner avec un trentenaire en bonne forme lui aussi, au départ d'un cent mètres haies, je ne parierais pas sur lui !
Je ne me sens pas mal lotie, même si le fait de cumuler deux pathologies touchant chacune moins de 5% de la population me paraît bien ballot...
Ces pathologies me permettent tout de même de vivre bien. Quelques mauvaises journées ici ou là semblent un tribu léger à payer, et je tâche de garder cette idée en tête, quand viennent les "jours-caisse".
Entre cette philosophie cultivée soigneusement, les molécules et l'environnement plaisant, je m'en sors à peu près bien.
J'ai abandonné depuis longtemps l'idée de vivre "tout naturel". Je m'accommode par force, et avec gratitude des aménagements à porter à cette nature, pas toujours amie.
Mes fines observations m'ont démontré la cruauté et la rudesse de cette nature sauvage, où la vulnérabilité signe vite la mort. Il suffit de voir la marche appliquée d'une colonne de fourmis, où celle qui tombe est immédiatement foulée aux pieds, ou déchiquetée encore vive. Je ne suis pas très sûre du régime alimentaire de la fourmi commune, aussi, mes remarques sont-elles peut-être fausses. Néanmoins, l'idée est bien celle-là : dans notre bien aimée nature, force fait loi, et faiblesse n'a pas sa place.
C'est peut-être la faillite annoncée de notre espèce, cette "tendreté", cette compassion, cette humanité sensée nous différencier de la bête carnassière.
Après tout, ainsi va le monde : tout apparaît, croît et embellit, connaît le triomphe de l'apogée, avant de décliner, et disparaître.
Tout cela, sauf accident, en un temps proportionnellement équilibré, de façon à amener chaque étape sans les heurter.
Il y eut un temps pour les poissons, les oiseaux, les reptiles, les mammifères, les hommes.
Je ne suis pas de ceux qui pensent que l'homme tue la nature. L'homme détruit peut-être son environnement, et l'espèce disparaîtra ainsi, s'éteignant au fur et à mesure de la dégradation des ressources vitales. Cette disparition s'inscrit dans ces cycles intemporels, survenus bien avant notre venue sur la planète. Je ne sais pas au juste ce qui s'est passé avec les dinosaures, s'ils ont été la cause de leur propre perte ou pas. Je ne sais pas non plus si les civilisations aztèques, mayas, grecques, romaines ou européennes se sont elles-mêmes sabordées. Ma culture est mitée et ma curiosité fainéante, je n'irai pas me renseigner plus loin. Tout de même, j'ai ouïe-dire que toutes ces bêtes et ces gens ont connu leur heure de gloire, puis leur déclin, et leur perte.
Notre système, notre civilisation, notre espèce, semblent en perte de vitesse.
Il semblerait que la pente descendante soit amorcée...
Je vis ça à ma manière. Et j'essaie de le vivre dans cette fatalité, marchandant un bien-être coupable et aveugle contre l'obole de ma résignation à un destin immuable.
Etre quinquagénaire, c'est peut-être en être au mitan de la vie, si on calcule large, c'est tout de même avoir la force et l'énergie derrière soi.
Restent la sagesse et la patience, cette sapience dernièrement croisée.
Elle me vient du Roi Salomon, plusieurs siècles avant Jésus-Christ. Relayée par Jean-François Rabelais, illustre penseur, une quinzaine après le même, à un ou deux près. Reprise par moi-même, illustre inconnue follette sans grand feu, une demi-douzaine encore après :
Sapience ne vient point à l'âme marivole
Et science sans sagesse n'est que ruine de l'âme.
A un ou deux mots près, on y est.
Je suis sans doute une âme marivole, et la sapience m'est visiteuse étrangère.
Pour autant, sans science, j'aspire à la sagesse, et à une ruine de l'âme comme on glisse, sans heurts trop douloureux ni cahot stupéfiant.
Je ne l'ai pas connu, ce Salomon là. Ces mots venus jusqu'à moi se lovent doucement dans les sillons de mes pensées confuses. Ils s'y font un lit où j'ai la tentation de reposer mes doutes.
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