mercredi 7 février 2018

4 au 7 février



Dimanche 4 février 10h43

La barre grise sépare mer et ciel. Trois tons de gris, du profond au plus léger, un soupçon de bleu.
Il pleuvra sans doute moins qu'hier. Je vais pouvoir travailler dans ma pépinière sans avoir à changer de ciré comme on change de monture !
J'avance rondement. Hier matin, il a fallu différer mon entreprise pour cause de poterie à ranger. Qu'à cela ne tienne : une pause écourtée à moins d'une demi-heure pour manger, et hop ! on y retourne.
Le seul hic nous vient de la petite saisonnière : elle a été engagée pour la caisse, et elle est à la caisse comme un éléphant dans un magasin de porcelaine : empêtrée, inefficace, et d'une lenteur... une lenteur désespérante. Inutile de la brusquer, c'est pire encore !
Elle fait ce qu'elle peut, ce n'est pas une affaire de mauvaise volonté, loin de là.
Mais ça, elle ne peut pas, voilà tout !
Nous lui trouverons sans doute un secteur d'activité plus à sa portée.
Ce soir, j'espère quand même sortir du magasin avant les huit heures,  pour cause de fermeture de caisse ralentie, nous verrons bien.
Olivier a fixé ma mosaïque, c'est d'un effet tout à fait agréable, à mon œil très orienté !
J'arrête ici, j'ai envie de faire un tour avec les chiens, d'abord, et, ensuite, j'entends le gargouillis dans les tuyaux de mon vieux poêle survolté. Je vais fermer les clapets, ça va lui faire fermer le sien !


Mercredi 7 février 11H

Un gris étale, quelques poussières de neige dans l'air.
La température est bien fraîche. Sans soleil, l'impression est bien différente !
Bah ! je suis aujourd'hui à la maison, et mes sorties seront de plaisir. Une longue promenade, cette après-midi, avec les chiens, les arbres encore nus et noirs sur le gris du ciel, la boue durcie de froid, le pas vif et les joues rosies.
Entre deux, des pauses thés, bien au chaud, dans la vieille ferme ronronnante. On pourrait trouver pire...

Je me suis occupée de divers administratifs, ce matin, en particulier de la restauration de mon audition. Puisque mes canaux sodium et mes vésicules auriculaires semblent fluidifiés, puisque je conquiers jour après jour l'espérance d'un avenir plus stable et serein, je me donne toutes les chances de le vivre au mieux, cet avenir. Ma foi, la technique médicale est là, en plus de la molécule, en étai de ma vieille carcasse défaillante.
J'irai voir ça dès la semaine prochaine.

Hier à la jardinerie, toujours le remue-ménage en cours. Avec mon grand et doux Benito, nous sommes presque au bout de notre projet. Le résultat devrait être à la hauteur de nos espérances, pourtant ambitieuses elles aussi. Le soleil venait nous caresser la peau, par moment, quand un petit grésil picotant nous l'avait mordillée.
Une journée bien agréable, mieux qu'ordinaire et banale, comme disait si joliment Beñat.

En parlant de Beñat, l'autre Béñat local, mon petit frère d'adoption, a eu son heure de gloire, lundi soir.
C'était le moment de la prophylaxie annuelle. Cette séance vétérinaire toujours un peu sportive, quand les jeunes génisses renâclent à se laisser piquer.
Mon petit système d'entrave a bien fonctionné avec Rubita ma rousse.
Pour Beltza, le trou dans le mur, plus en arrière, lui  laissait trop large latitude de mouvement. Sa tête était bien baissée contre le mur, mais elle allait et venait plus facilement, avec un angle moins resserré de rotation. Résultat, nous avons fait Bigoudi et Agathe, sans problème, et, revenus à Beltza, nous allions capituler.
J'avais averti Champion, le vétérinaire au nom pourtant prometteur, des ruades de ma Beltza. Une vache rue rarement, comme disait l'autre, "ce n'est pas zun chval" ! Ma Beltza, pour se dégourdir, envoie pourtant parfois ses deux postérieurs en l'air, et, quand on la voit faire, on est bien content de passer au large. Elle doit peser dans les 700 kilos, maintenant, et ça fait une poussée conséquente, quand on y ajoute le ressort de la fougueuse génisse de presque trois ans. 
Champion se méfiait avec raison, histoire d'éviter de se faire exploser la rate. Comme je le comprends ! Evidemment, aller planter une aiguille de prise de sang sous la queue soulevée, dans de telles conditions, est un peu jazzy.

Beñat, l'autre, mon petit frère adoptif, était opportunément en visite à la ferme, ce soir là.

Ce Beñat là, est jeune, habitué aux vaches. Il est lourd, bien plus lourd que moi, secouée par Beltza survoltée comme une plume au vent.
Ma noire diablesse s'est vite fatiguée de remuer cette inertie imposante. Beñat, après deux trois aller-retours, s'est intimement calé contre son épaule, lui a fermement maintenu les naseaux en une prise un peu douloureuse pour moi, mais très efficace. Champion a pu œuvrer. Et moi, souffler.

C'était fait. Tranquille pour une année.
Je vais étudier une amarre mieux positionnée, dans cette murette près de ma noire.
Je ferai ça cet été, en même temps que mes fameux râteliers...


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