Mercredi 28 février 2018 11h14
Ce dernier jour de février enveloppe les paysages sous une bonne épaisseur de neige.
Ce feutrage léger, épais, blanc pur, m'évoque le grand pardon venu du ciel, le silence sur toutes les agitations et l'immaculé sur toutes les noirceurs.
Le progrès, la sagesse, c'est aussi de se rendre compte que la revanche ne console pas de la blessure.
J'ai eu bien longtemps cette tentation de penser le soulagement dans la souffrance de l'autre, en retour de celle ressentie par lui.
C'est bien humain je le crois de se réjouir de l'infortune de ses adversaires.
Pas très glorieux, certes, mais très répandu dans notre espèce...
Dans un premier temps, dans ce premier mouvement instinctif et non réfléchi, la peine de celui qui nous a peiné apporte une certaine satisfaction, pour ne pas dire une satisfaction certaine !
Ca ne donne rien de plus, mais ça console de ses propres malheurs. C'est déjà ça !
Pourtant, ce contentement coupable ne résiste pas longtemps.
Un vieux fond de morale doit nous tarauder, je ne sais pas : on se réjouit d'abord sans état d'âme, puis, cette joie perfide perd de son éclat. Elle se teinte de déception, de cette culpabilité poisseuse.
On s'en veut d'avoir été veule, on en veut à l'autre de ne nous proposer que cette compensation aigre.
La rancune est exigeante, et son entretien fatiguant. Tout le monde n'a pas l'acharnement et la ténacité voulus pour en garder la braise ardente.
Moi la première, je suis capable d'une hargne bien sentie, acérée et mordante.
Un temps. Puis, je me fatigue, et ma hargne devient éloignement, ignorance active.
Il faut encore du temps pour que de cette ignorance forcée, de posture, je passe à une ignorance naturelle et sans effort.
Là, on n'est pas loin de la contrée du pardon, de cet oubli feutré comme la neige, où le seul silence ne rend plus échos des désirs mauvais.
J'en étais à l'estime de soi, la dernière fois, cette sagesse de ne pas craindre pour sa juste place, de la préserver sans croire devoir la défendre. Se parjurer pour plaire, pour rechercher cet amour nourricier dont seuls les obtus pensent pouvoir se passer, est, je le crois fermement, une tentative vouée à l'échec et à la destruction de soi. L'amour des autres devrait mener à l'amour de soi, et s'y fonder.
Se sentir blessé par les marques de cette absence d'amour est bien naturel, sans doute.
Penser qu'on en sera soigné en retournant la pareille est un leurre, à ce qu'il me semble.
J'ai eu longtemps cette tentation, j'ai entretenu ce mythe, cette mystification, même.
Bah ! nous entretenons bien avec grande conviction l'aveuglement d'écarter l'idée de notre finitude. Nous avons besoin de cette mystification là pour vivre sereins.
Alors, pourquoi se priver des autres ?
A mon humble avis, parce-que, ces autres, elles ne marchent pas, tout simplement, ou alors, pas longtemps.
Sauf pour ceux qui s'aveuglent efficacement, sûrement...
J'ai eu bien longtemps cette tentation de penser le soulagement dans la souffrance de l'autre, en retour de celle ressentie par lui.
C'est bien humain je le crois de se réjouir de l'infortune de ses adversaires.
Pas très glorieux, certes, mais très répandu dans notre espèce...
Dans un premier temps, dans ce premier mouvement instinctif et non réfléchi, la peine de celui qui nous a peiné apporte une certaine satisfaction, pour ne pas dire une satisfaction certaine !
Ca ne donne rien de plus, mais ça console de ses propres malheurs. C'est déjà ça !
Pourtant, ce contentement coupable ne résiste pas longtemps.
Un vieux fond de morale doit nous tarauder, je ne sais pas : on se réjouit d'abord sans état d'âme, puis, cette joie perfide perd de son éclat. Elle se teinte de déception, de cette culpabilité poisseuse.
On s'en veut d'avoir été veule, on en veut à l'autre de ne nous proposer que cette compensation aigre.
La rancune est exigeante, et son entretien fatiguant. Tout le monde n'a pas l'acharnement et la ténacité voulus pour en garder la braise ardente.
Moi la première, je suis capable d'une hargne bien sentie, acérée et mordante.
Un temps. Puis, je me fatigue, et ma hargne devient éloignement, ignorance active.
Il faut encore du temps pour que de cette ignorance forcée, de posture, je passe à une ignorance naturelle et sans effort.
Là, on n'est pas loin de la contrée du pardon, de cet oubli feutré comme la neige, où le seul silence ne rend plus échos des désirs mauvais.
J'en étais à l'estime de soi, la dernière fois, cette sagesse de ne pas craindre pour sa juste place, de la préserver sans croire devoir la défendre. Se parjurer pour plaire, pour rechercher cet amour nourricier dont seuls les obtus pensent pouvoir se passer, est, je le crois fermement, une tentative vouée à l'échec et à la destruction de soi. L'amour des autres devrait mener à l'amour de soi, et s'y fonder.
Se sentir blessé par les marques de cette absence d'amour est bien naturel, sans doute.
Penser qu'on en sera soigné en retournant la pareille est un leurre, à ce qu'il me semble.
J'ai eu longtemps cette tentation, j'ai entretenu ce mythe, cette mystification, même.
Bah ! nous entretenons bien avec grande conviction l'aveuglement d'écarter l'idée de notre finitude. Nous avons besoin de cette mystification là pour vivre sereins.
Alors, pourquoi se priver des autres ?
A mon humble avis, parce-que, ces autres, elles ne marchent pas, tout simplement, ou alors, pas longtemps.
Sauf pour ceux qui s'aveuglent efficacement, sûrement...




