Lundi 3 décembre 2018 11h21
Un lundi silencieux, après l'animation du dimanche, où la tablée plus nombreuse croise les conversations bruyantes.
La visite d'Hélène et de son amie Nicole a donné, pendant notre promenade champêtre, l'occasion de profondes analyses sur les relations humaines. Tout aussi animées que les conversations croisées, tout aussi diverties, et tout aussi brouillonnes, au final. Chacun s'en référant à ses expériences, à sa vision, tentant honnêtement d'intégrer celle des autres, y arrivant mal, d'après ce qu'en ai perçu.
La plus aiguisée de tous, Nicole, m'a paru l'emporter, par ses prises de positions posées et avancées d'un ton tellement apaisant qu'il recueille l'adhésion à lui seul.
Dans ces circonstances aussi, l'animation est cousine de dispersion, et le sens se perd dans le tohu-bohu général.
Dans ces circonstances surtout, la recherche est plutôt celle de bons mots et de réparties amusantes, que d'une réelle avancée intellectuelle.
Nos gilets jaunes font du vacarme, eux aussi. Le mouvement s'anime trop, et mal. Il s'emballe. Je ne sais pas ce qu'il en sortira. Je me souviens vaguement de mes cours d'histoires, de ces "jacqueries" paysannes. Je ne suis pas persuadée que le servage moderne, plus présentable sans doute, soit moins oppresseur…
Là encore, il me semble bien que la forme prend le devant. Mais je ne suis pas plus analyste politique qu'autorisée en sciences humaines.
Juste chahutée, et ballotée, par l'une et plus encore par les autres…
Même jour 16h53
Retour de promenade. Deux motos nerveuses et quelques gros camions incongrus dans la paix des paysages dolents sous le ciel pommelé. Des saluts amicaux pour adoucir les pétarades et vrombissements des moteurs.
Je tente de calmer ce charivari en moi, soulevé par je ne sais quoi au juste. Je repère facilement deux trois thèmes agitateurs récurrents, cristallisés souvent autour de la famille, de la considération, ou de son manque, plutôt, des uns et des autres. Un grand classique, celui-là.
Les flambées de violence, aussi, crises sociales, attentats terroristes et autres manifestations d'une onde noire paraissent lever en moi des inquiétudes ataviques. L'idée d'un monde où la sécurité vacille vite, dans une brutalité où la logique n'a plus cours. Je ne sais pas d'où ça me vient. Je sais juste que ça déclenche en moi cette peur refoulée. Comme si mes ancêtres, éprouvés dans leur chair par la violence des hommes, avaient déposé cette terreur dans mes gènes profonds.
Je tâche de dénicher derrière ce roulis le mécanisme neuro psychique déclencheur. Je sens la crispation, je devine la silhouette floue de la manigance d'enclenchement du phénomène.
J'essaie de m'en distraire, de ne pas focaliser dessus.
Je m'arme de mes alliés de prédilection, les bêtes, les paysages aimés, les pensées apaisantes. Les familiers bienveillants.
Je rameute tout mon petit monde, j'invoque toutes mes déités païennes, j'avale la pilule…
Amère parfois !
Mon cervelet fragile est comme un tendon étiré : il s'enflamme vite et manque de capacité de résistance aux tiraillements. Je ne peux pas me préserver de tous les aiguillons, et j'en subis les piqûres, comme tout un chacun.
Mon épiderme est trop sensible, maintenant. La cuirasse mitée ne protège plus grand chose, dirait-on.
Les acouphènes dans mes oreilles tintent leur alarme. Les échauffements successifs dans mes neurones ont fondu les silentblocs d'origine. Les pièces se heurtent maintenant durement dans ma tête, sans rien pour amortir les ondes. Une configuration à laquelle je dois m'adapter, parant ce manque comme je le peux. Pas tout à fait bien, pour le moment encore…
Je me recroqueville, garde ma vulnérabilité à l'abri, je fais de mon mieux.
Décidée à m'accrocher, je constate le bienfait du repos, le bénéfice de mes entraînements assidus. Je ne parviens pas à tout aplanir. J'arrive tout de même à me maintenir suffisamment à flots pour goûter de mes jours une saveur encore agréable.
C'est bien, déjà, très bien, même, je crois.
Je pourrai essayer de prendre du recul, de laisser au moins le temps de décantation débrouiller tout ça : je n'en suis pas trop capable non plus. Ma spontanéité de fonctionnement n'envie rien à celle de l'expression de ma pensée. Je dis comme je pense, sans plus d'articulation logique ni de recherche de sens. Un joli bouilli…
Je suis ainsi, et m'en trouve dans l'ensemble plutôt bien. Je me passerais évidemment de deux trois fragilités. Sans elles, je perdrais aussi leur pendant positif, cette sensibilité vive et exaltante.
Alors, à tout prendre...je prends tout, et advienne que pourra !
Juste chahutée, et ballotée, par l'une et plus encore par les autres…
Même jour 16h53
Retour de promenade. Deux motos nerveuses et quelques gros camions incongrus dans la paix des paysages dolents sous le ciel pommelé. Des saluts amicaux pour adoucir les pétarades et vrombissements des moteurs.
Je tente de calmer ce charivari en moi, soulevé par je ne sais quoi au juste. Je repère facilement deux trois thèmes agitateurs récurrents, cristallisés souvent autour de la famille, de la considération, ou de son manque, plutôt, des uns et des autres. Un grand classique, celui-là.
Les flambées de violence, aussi, crises sociales, attentats terroristes et autres manifestations d'une onde noire paraissent lever en moi des inquiétudes ataviques. L'idée d'un monde où la sécurité vacille vite, dans une brutalité où la logique n'a plus cours. Je ne sais pas d'où ça me vient. Je sais juste que ça déclenche en moi cette peur refoulée. Comme si mes ancêtres, éprouvés dans leur chair par la violence des hommes, avaient déposé cette terreur dans mes gènes profonds.
Je tâche de dénicher derrière ce roulis le mécanisme neuro psychique déclencheur. Je sens la crispation, je devine la silhouette floue de la manigance d'enclenchement du phénomène.
J'essaie de m'en distraire, de ne pas focaliser dessus.
Je m'arme de mes alliés de prédilection, les bêtes, les paysages aimés, les pensées apaisantes. Les familiers bienveillants.
Je rameute tout mon petit monde, j'invoque toutes mes déités païennes, j'avale la pilule…
Amère parfois !
Mon cervelet fragile est comme un tendon étiré : il s'enflamme vite et manque de capacité de résistance aux tiraillements. Je ne peux pas me préserver de tous les aiguillons, et j'en subis les piqûres, comme tout un chacun.
Mon épiderme est trop sensible, maintenant. La cuirasse mitée ne protège plus grand chose, dirait-on.
Les acouphènes dans mes oreilles tintent leur alarme. Les échauffements successifs dans mes neurones ont fondu les silentblocs d'origine. Les pièces se heurtent maintenant durement dans ma tête, sans rien pour amortir les ondes. Une configuration à laquelle je dois m'adapter, parant ce manque comme je le peux. Pas tout à fait bien, pour le moment encore…
Je me recroqueville, garde ma vulnérabilité à l'abri, je fais de mon mieux.
Décidée à m'accrocher, je constate le bienfait du repos, le bénéfice de mes entraînements assidus. Je ne parviens pas à tout aplanir. J'arrive tout de même à me maintenir suffisamment à flots pour goûter de mes jours une saveur encore agréable.
C'est bien, déjà, très bien, même, je crois.
Je pourrai essayer de prendre du recul, de laisser au moins le temps de décantation débrouiller tout ça : je n'en suis pas trop capable non plus. Ma spontanéité de fonctionnement n'envie rien à celle de l'expression de ma pensée. Je dis comme je pense, sans plus d'articulation logique ni de recherche de sens. Un joli bouilli…
Je suis ainsi, et m'en trouve dans l'ensemble plutôt bien. Je me passerais évidemment de deux trois fragilités. Sans elles, je perdrais aussi leur pendant positif, cette sensibilité vive et exaltante.
Alors, à tout prendre...je prends tout, et advienne que pourra !
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