Mercredi 26 décembre 2018 17h50
Lendemain de Noël. On se sent un peu décalé par ces jours chômés en semaine.
L'atmosphère fin d'année est teintée d'un malaise social très mauvais pour le commerce : nous avons beaucoup trop de sapins, la perspective d'une démarque importante. Mauvais pour les affaires !
J'imagine la contestation des gilets jaunes légitime pour les adeptes du mouvement. Je ne suis pas sûre de la pertinence du public ciblé par leurs actions. Le petit commerce, l'employé au travail en fins de semaines, les routiers empêchés de rentrer chez eux, ne sont pas, me semble-t-il, aux manettes, pour peser sur des décisions sociales. Ils sont justes utilisés comme des outils, au mépris de leurs droits à eux : obliger des conducteurs à tourner trois fois autour d'un rond-point en klaxonnant comme des perdus, sous peine de ne pas les laisser poursuivre leur route, me paraît contraire à l'esprit affiché de souci de justice, d'équité et de liberté.
L'esprit républicain, revendiqué haut et fort, poings levés, comme sur les barricades !
Ils ont un air d'enfants à la sortie des écoles, ces nouveaux révoltés. Ca paraît sympathique, ces petites réunions en bord de péage, où l'on fait des grillades, la canette de bière à la main. Une sortie, une occasion de varier le quotidien.
Ca fait débats dans les familles, entre les pour, les contre, et les qui haussent les épaules, résignés et sceptiques. Dont je suis.
L'esprit républicain, revendiqué haut et fort, poings levés, comme sur les barricades !
Ils ont un air d'enfants à la sortie des écoles, ces nouveaux révoltés. Ca paraît sympathique, ces petites réunions en bord de péage, où l'on fait des grillades, la canette de bière à la main. Une sortie, une occasion de varier le quotidien.
Ca fait débats dans les familles, entre les pour, les contre, et les qui haussent les épaules, résignés et sceptiques. Dont je suis.
Tous ces mouvements de grèves, de blocages, sont peut-être obligés d'en venir à ces extrémités bien peu démocratiques pour se faire entendre, je ne sais pas. Je déplore, sans avoir mieux à proposer.
Conclusion, je me tais, et je subis, en rongeant mal mon frein.
Conclusion, je me tais, et je subis, en rongeant mal mon frein.
Enfin, je suis toujours aussi peu fine analyste, toujours aussi mal documentée, et sûrement hermétique à la marche politique de notre bonne vieille société de classes. Les avancées sociales se gagnent à la force du poignet. Bien contente d'en profiter, de bénéficier des droits acquis de longue lutte, ma lâcheté et ma paresse me tiennent loin des bagarres.
Je l'avoue, je suis piètre citoyenne. Ma seule ambition dans la vie comme dans la société se borne à ne pas nuire, au moins. Ma contribution sera neutre, globalement, je pense. C'est déjà mieux que néfaste, allez !
Je l'avoue, je suis piètre citoyenne. Ma seule ambition dans la vie comme dans la société se borne à ne pas nuire, au moins. Ma contribution sera neutre, globalement, je pense. C'est déjà mieux que néfaste, allez !
Je verrai tout ça demain, en retournant à la jardinerie.
La fin d'année et son bilan de premier semestre parleront d'eux-mêmes…
Pour aujourd'hui, ici, reprise de cette fichue auréole longue le long de la hotte. Une opération pas trop mal réussie… Surprenante, sans doute, mais efficace !
Cette sale grimace me riait au nez dès l'application de peinture séchée. J'ai essayé le blanc façade, j'ai essayé l'ocre terre de sienne, j'ai essayé aussi le lessivage, en tout dernier recours, quand ç'aurait dû être le premier, dans la marche académique.
La peinture, j'ai toujours bien aimé. Enfin, peindre. Préparer, même si j'en admets volontiers l'utilité, ça me tente moins. Nettoyer, gratter, racler, reprendre les fissures à l'enduit, poncer, bouhhh… toutes ces opérations me fatiguent rien qu'à leur énoncé.
Dans cette vieille bâtisse balafrée de toutes ces années, et d'une histoire riche de fuites, pourrissements et diverses dégradations, les supports ne sont pas trop sains. Le salpêtre boursouflé, le lait de chaux effrité, les affaissements et autres écartèlements de la pierre posée sur une terre vivante, marquent les murs et les plafonds. La construction ancienne est ainsi : elle vit, s'anime et manifeste, au gré des intempéries et autres accidents de la vie architecturale.
Mes interventions modestes ne visent pas à corriger de fond en comble les manquements flagrants. Humblement, je pare au plus voyant, pratiquant à l'envie le cache-misère et le trompe-l'œil.
J'ai admis depuis longtemps l'imperfection comme un impondérable.
La ferme, et ses misères de vieille femme, m'exonèrent de l'intimidation causée par un ouvrage flambant neuf. Je ne m'attaquerais certainement pas de la même manière à une maison impeccable. Ici, je peux donner libre cours à ma fantaisie, tenter les audaces et risquer l'échec : la veille dame en sa mansuétude me le pardonnera. Mes travaux à la louche, mes tentatives à l'emporte-pièce, la ferme les ingère sans haut-le-cœur. Les résultats de mes rattrapages sont à peine mieux que l'outrage qui les a causés. On peut même douter de l'amélioration amenée, et préférer une bonne vieille dégradation franche, à ces camouflages maladroits.
On peut… Mais, moi, je m'amuse beaucoup à maquiller les décrépitudes en naïves peintures rupestres. Le plaisir à l'ouvrage est facile, décanté du labeur. Le résultat, la pérennité, viennent en second. S'il faut revenir à la tâche, le plaisir n'en sera que renouvelé. A ceux qui objectent avec raison que mes travaux ne feront pas longtemps illusion, je réponds que je recommencerai…
Au final, d'ailleurs, rien ne dure indéfiniment. Alors, un peu plus un peu moins, que sont quelques années à l'échelle d'un temps infini ?
Mon auréole de cheminée est devenue liane volubile. Tenue par le contour de la tâche, le parcours de la tige est un peu chaotique et manque de fluidité. Cantonnée à cette seule corniche, ma frise paraît curieusement interrompue. Elle demanderait à s'exprimer plus avant, à investir plus loin l'arrondi du plafond.
Je n'avais qu'un petit tube de peinture Terre de Sienne. Pas assez pour cercler la pièce de ma liane danseuse. Pas assez de temps non plus ce matin pour me laisser aller à un ouvrage plus grandiose.
J'ai arrêté ma fresque aux deux angles, comme ça, d'un arbitraire incongru.
Ma tâche de suie grasse est devenue plante, les auréoles humides sont devenues feuilles.
Au séchage, à l'examen attentif, la liane est lavée de tout soupçon. Je n'en demandais pas plus. Un de ces jours peut-être, l'inspiration me viendra de poursuivre, sur une si belle lancée…
Cette sale grimace me riait au nez dès l'application de peinture séchée. J'ai essayé le blanc façade, j'ai essayé l'ocre terre de sienne, j'ai essayé aussi le lessivage, en tout dernier recours, quand ç'aurait dû être le premier, dans la marche académique.
La peinture, j'ai toujours bien aimé. Enfin, peindre. Préparer, même si j'en admets volontiers l'utilité, ça me tente moins. Nettoyer, gratter, racler, reprendre les fissures à l'enduit, poncer, bouhhh… toutes ces opérations me fatiguent rien qu'à leur énoncé.
Dans cette vieille bâtisse balafrée de toutes ces années, et d'une histoire riche de fuites, pourrissements et diverses dégradations, les supports ne sont pas trop sains. Le salpêtre boursouflé, le lait de chaux effrité, les affaissements et autres écartèlements de la pierre posée sur une terre vivante, marquent les murs et les plafonds. La construction ancienne est ainsi : elle vit, s'anime et manifeste, au gré des intempéries et autres accidents de la vie architecturale.
Mes interventions modestes ne visent pas à corriger de fond en comble les manquements flagrants. Humblement, je pare au plus voyant, pratiquant à l'envie le cache-misère et le trompe-l'œil.
J'ai admis depuis longtemps l'imperfection comme un impondérable.
La ferme, et ses misères de vieille femme, m'exonèrent de l'intimidation causée par un ouvrage flambant neuf. Je ne m'attaquerais certainement pas de la même manière à une maison impeccable. Ici, je peux donner libre cours à ma fantaisie, tenter les audaces et risquer l'échec : la veille dame en sa mansuétude me le pardonnera. Mes travaux à la louche, mes tentatives à l'emporte-pièce, la ferme les ingère sans haut-le-cœur. Les résultats de mes rattrapages sont à peine mieux que l'outrage qui les a causés. On peut même douter de l'amélioration amenée, et préférer une bonne vieille dégradation franche, à ces camouflages maladroits.
On peut… Mais, moi, je m'amuse beaucoup à maquiller les décrépitudes en naïves peintures rupestres. Le plaisir à l'ouvrage est facile, décanté du labeur. Le résultat, la pérennité, viennent en second. S'il faut revenir à la tâche, le plaisir n'en sera que renouvelé. A ceux qui objectent avec raison que mes travaux ne feront pas longtemps illusion, je réponds que je recommencerai…
Au final, d'ailleurs, rien ne dure indéfiniment. Alors, un peu plus un peu moins, que sont quelques années à l'échelle d'un temps infini ?
Mon auréole de cheminée est devenue liane volubile. Tenue par le contour de la tâche, le parcours de la tige est un peu chaotique et manque de fluidité. Cantonnée à cette seule corniche, ma frise paraît curieusement interrompue. Elle demanderait à s'exprimer plus avant, à investir plus loin l'arrondi du plafond.
Je n'avais qu'un petit tube de peinture Terre de Sienne. Pas assez pour cercler la pièce de ma liane danseuse. Pas assez de temps non plus ce matin pour me laisser aller à un ouvrage plus grandiose.
J'ai arrêté ma fresque aux deux angles, comme ça, d'un arbitraire incongru.
Ma tâche de suie grasse est devenue plante, les auréoles humides sont devenues feuilles.
Au séchage, à l'examen attentif, la liane est lavée de tout soupçon. Je n'en demandais pas plus. Un de ces jours peut-être, l'inspiration me viendra de poursuivre, sur une si belle lancée…
Ma tournée des placards continue. J'avance dans mes rangements, mes tris.
Je fais de l'ordre.
Vendredi 28 décembre 2018 10h58
La dolence de ces fins d'années où tout paraît ralenti me gagnerait presque.
Je m'ébroue et continue mes rangements. Les placards de l'étable demandent un bon nettoyage. J'en extirpe des outils et des pièces insoupçonnées. Des reliques bonnes à jeter et des surprises émouvantes, de ces choses remisées dont on retrouve le contour après des années d'oubli.
La poussière épaisse et quelques cadavres de rongeurs séchés leur font un sarcophage défensif.
J'y retourne.
Je travaille par petites séances brèves, histoire de ne pas m'asphyxier, et de ne pas rendre l'étable irrespirable.
Je ne finirai pas cette année.
Et bien, ce sera pour la prochaine ! Et à refaire l'autre d'après...
Vendredi 28 décembre 2018 10h58
La dolence de ces fins d'années où tout paraît ralenti me gagnerait presque.
Je m'ébroue et continue mes rangements. Les placards de l'étable demandent un bon nettoyage. J'en extirpe des outils et des pièces insoupçonnées. Des reliques bonnes à jeter et des surprises émouvantes, de ces choses remisées dont on retrouve le contour après des années d'oubli.
La poussière épaisse et quelques cadavres de rongeurs séchés leur font un sarcophage défensif.
J'y retourne.
Je travaille par petites séances brèves, histoire de ne pas m'asphyxier, et de ne pas rendre l'étable irrespirable.
Je ne finirai pas cette année.
Et bien, ce sera pour la prochaine ! Et à refaire l'autre d'après...
