Vendredi 31 Août 2018 11h20
Entre deux lessives, trois casseroles et quelques allers-retours dans la cour, la matinée passe vite. Le père progresse, sa démarche se fait mieux assurée.
Notre préoccupation du moment consiste en l'ajustement de la ration alimentaire : des protéines, mais pas trop, de la fibre, sans excès non plus, le laitage, pourtant tant apprécié, avec parcimonie. La sentence est assez parlante, et suffisamment pédagogique, pour qu'on prenne grand soin d'évaluer au plus juste.
Bah, j'ai bien l'usage des rations alimentaires de mes bêtes ! Là encore, je dois pouvoir m'en sortir…
Lundi 3 septembre 2018 18h12
Après un triste dimanche de grande fatigue, deux toutes petites heures partagées avec nous, et encore, aux trois-quarts en absence, ce lundi est bien meilleur. Nous avons mobilisé la technique et les professionnels tous azimuts, et pensons juguler cette première vague de grande faiblesse depuis le retour de l'hôpital.
Mon monde tourne toujours autour de mon père. Peu de digressions, le potager en passant, les bêtes vite fait, la lecture, deux lignes, et pas plus, entre deux.
Les journées jardinerie, en sachant la garde efficacement assurée ici, sont des goulées d'air frais.
Quand comme à l'instant, au soir d'une journée globalement agréable, mon père se couche avec ce grand sourire rose d'édenté béat, me vient à moi aussi la sérénité d'une béatitude authentique et bienfaisante.
Alléluia pour cette jolie journée, et que nous en restent beaucoup d'autres pareilles !
Vendredi 7 septembre 2018 14h15
Je profite de la pause sieste paternelle. Un coup de fatigue aujourd'hui le rend moins présent à nous. L'opération ramonage de cheminée crée aussi du désordre et du bruit dans la ferme. Il faut bien en passer par là, si on veut assurer les futures journées hivernales, douillettes et sans risque d'enfumage majeur.
Je m'apaise dans mes paniques du début, sachant pouvoir m'appuyer solidement sur mes relais si efficaces.
Ce genre d'occasions ramène clairement au jour les profondeurs des uns et des autres. Comme on dit : c'est au pied du mur que l'on voit le maçon !
Toutes les propositions mains sur le cœur, les promesses ferventes et les engagements pour "si tu as besoin", reviennent ici cartes sur table. Et là, on ne peut pas trop tricher : il faut "tenir" !
Benabar, ou Dieu sait comment ça s'écrit, chantait bien : "tu peux compter sur moi", en alignant une kyrielle de conditions restrictives suffisantes pour rendre sa proposition totalement virtuelle.
Je fais évidemment l'expérience de ces manquements décevants. En même temps, je fais celle de surprises chaleureuses, où des gens se mettent en rangs serrés autour de vous, vous amènent leur renfort prompt, et leur présence efficace et discrète.
Toutes les grandes déclarations, les discours sur les morales, éthiques, et autres belles idées restées belles, sur le papier, s'arrangent dirait-on facilement d'une distorsion flagrante avec la réalité des faits.
Je n'ai plus envie de jouer les juges et de mettre chacun devant sa vérité au masque grimaçant.
Les hyènes s'enfuient vite d'une couardise jacassante, quand la proie s'avère plus puante que tentante.
Mon père a en ce moment besoin d'aide. Il mérite ces jours et ces nuits de veille autour de lui. Il les aura. Grâce à ces gens de qualité, ces gens aux discours rares et à la parole sobre, il les aura.
Moi, les mots me viennent facilement, et les aigreurs me remontent parfois d'une bile acide. Je tente de refouler tout ça, de le laisser là où ça doit être, loin; et bien bas.
Je veux vivre ces jours comme mon père les vit, moment après moment, fatigue puis regain de vitalité. M'accrocher avec lui, avec mon "équipe". Trouver dans cette lutte partagée le réconfort d'avoir fait ce qu'il fallait, et de l'avoir fait de notre mieux.
Pour les autres, qu'ils fassent aussi de leur côté ce qu'ils peuvent. Je ne leur en veux presque pas...
Je profite de la pause sieste paternelle. Un coup de fatigue aujourd'hui le rend moins présent à nous. L'opération ramonage de cheminée crée aussi du désordre et du bruit dans la ferme. Il faut bien en passer par là, si on veut assurer les futures journées hivernales, douillettes et sans risque d'enfumage majeur.
Je m'apaise dans mes paniques du début, sachant pouvoir m'appuyer solidement sur mes relais si efficaces.
Ce genre d'occasions ramène clairement au jour les profondeurs des uns et des autres. Comme on dit : c'est au pied du mur que l'on voit le maçon !
Toutes les propositions mains sur le cœur, les promesses ferventes et les engagements pour "si tu as besoin", reviennent ici cartes sur table. Et là, on ne peut pas trop tricher : il faut "tenir" !
Benabar, ou Dieu sait comment ça s'écrit, chantait bien : "tu peux compter sur moi", en alignant une kyrielle de conditions restrictives suffisantes pour rendre sa proposition totalement virtuelle.
Je fais évidemment l'expérience de ces manquements décevants. En même temps, je fais celle de surprises chaleureuses, où des gens se mettent en rangs serrés autour de vous, vous amènent leur renfort prompt, et leur présence efficace et discrète.
Toutes les grandes déclarations, les discours sur les morales, éthiques, et autres belles idées restées belles, sur le papier, s'arrangent dirait-on facilement d'une distorsion flagrante avec la réalité des faits.
Je n'ai plus envie de jouer les juges et de mettre chacun devant sa vérité au masque grimaçant.
Les hyènes s'enfuient vite d'une couardise jacassante, quand la proie s'avère plus puante que tentante.
Mon père a en ce moment besoin d'aide. Il mérite ces jours et ces nuits de veille autour de lui. Il les aura. Grâce à ces gens de qualité, ces gens aux discours rares et à la parole sobre, il les aura.
Moi, les mots me viennent facilement, et les aigreurs me remontent parfois d'une bile acide. Je tente de refouler tout ça, de le laisser là où ça doit être, loin; et bien bas.
Je veux vivre ces jours comme mon père les vit, moment après moment, fatigue puis regain de vitalité. M'accrocher avec lui, avec mon "équipe". Trouver dans cette lutte partagée le réconfort d'avoir fait ce qu'il fallait, et de l'avoir fait de notre mieux.
Pour les autres, qu'ils fassent aussi de leur côté ce qu'ils peuvent. Je ne leur en veux presque pas...
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