Mercredi 21 mars 2018 10h33
Ce mercredi paraît bien plus riant que les deux jours précédents.
Hier, ça allait encore : la luminosité uniforme et silencieuse d'un mardi de novembre recouvrait un monde alenti par le froid assez vif. J'ai œuvré dans ma pépinière, bien couverte et confortable. La journée s'est déroulée sans heurts notables. Comparativement à la veille, un bienfait, déjà.
Lundi fut une journée plus chaotique, pas du tout à mon goût !
Je n'ai pas eu ma pause écriture, ni lecture, encore moins promenade : une journée de merde !
Ca a mal commencé dès le matin.
Je devais appeler un contact à La MSA. Encore une de ces organisations, pas en "on", mais tout comme.
Je tombe sur une demoiselle charmante, au demeurant. Je demande à parler à ce fameux contact, en charge du dossier du moment. Bien.
La damoiselle ne l'entend pas de cette oreille. Elle a pris ce coup de fil, elle s'y est faufilée comme on se jette dans le métro à la fermeture des portes, (même si je n'ai pas grande idée de la chose).
Elle ignore superbement ma demande initiale, pourtant parfaitement claire, et s'immisce dans ce filon, sans doute n'ayant rien de mieux à faire, sur le moment.
Elle s'enquiert des tenants et aboutissants de l'affaire, demande force détails, précisions et autres dérivés, même lointains, n'ayant à première vue pas grand chose à voir dans la résolution du problème. Ne voulant pas braquer ce seul maillon me reliant pour le moment à la vénérable institution, de peur qu'elle me claque dans les pattes et m'oblige à patienter longuement, lors d'un appel ultérieur, pour ne trouver finalement guère mieux, j'essaie de contenter sa curiosité, de rester aimable et courtoise, comme indiqué dans la petite bande annonce enregistrée automatiquement en début de communication.
Au bout de plusieurs minutes d'un échange plaisant, mais totalement improductif, elle finit par me mettre en attente, pour consulter "un collègue". J'imagine avec dépit qu'elle parle à mon fameux contact, que je sens tout près, tout près, mais hors de ma portée, derrière le barrage de cette petite entêtée. Il suffirait qu'elle lui passe l'appel, cédant la première ligne, pour aller investiguer le communicant suivant, et me laisser débattre avec cet autre, plus efficace dans mon imaginaire.
A aucun moment, ne me vient l'idée pourtant plausible d'un second collègue aussi désemparé qu'elle ne l'est, par la configuration certes un peu alambiquée, mais tout à fait compréhensible de ce cas particulier.
J'attends, sentant déjà venir le bout de l'impasse. En effet, au bout d'un conciliabule perçu dans un lointain inaccessible, elle me revient, avec la riche nouvelle que l'on me contactera...
Ayant déjà entrepris la démarche via la messagerie électronique, où, encouragée par des premières réponses cadencées et précises, j'avais du dégoûter le service par ma persistance à les solliciter, je connais ce vague "nous revenons vers vous dès que possible", ou alors"en cours de traitement", qui vous abandonne là dans un désert silencieux, livré à vous même et impuissant à rattraper ce fameux "contact" qui vous a glissé dans les doigts comme une anguille ointe de suif.
Malheureusement, confronté à ces automates imperturbables et glacés, à ces hôtesses d'accueil inefficaces et débordées par leur inefficacité même, que faire ?
Inutile de s'emporter, de fulminer et de devenir désagréable, la machine s'en fiche, et l'humaine n'en devient pas meilleure.
Face aux Sophie téléphoniques de Suez, à l'Olivier "ternétique" du même, et aux autres représentations virtuelles ou en chair figée de toutes ces institutions, je suis comme la plupart, bien contrariée, mais tout aussi résignée à subir, puisqu'il n'est d'autre voie vers le salut.
Bah ! Là encore, la persévérance finit par payer, et cahin-caha, on y arrive.
Ca, c'est ma vision de ce matin : lundi, j'aurais presque fait le voyage jusqu'à Pau, pour défoncer la porte vitrée (ou pas) de l'entrée de l'immeuble MSA, (si tant est que ce soit un immeuble), sauter par dessus le comptoir de l'accueil, (si tant est que...), agripper à la gorge la petite standardiste ahurie (si...), et l'étrangler avec le fil de son téléphone, où elle en serait encore à me demander de patienter, le temps qu'elle déniche un quelconque informateur à peine mieux informé qu'elle, pour me transmettre la même bonne nouvelle, à savoir qu'on me contacterait...un jour, peut-être !
Dieu merci, lundi, je me suis épargnée la peine de ce trajet inutile et d'un presque délit stupide. D'autres préoccupations ont continué d'empoisonner ma matinée, toutes aussi futiles les unes que les autres, avec pour seul point commun, leur insistance à demander solution.
L'après-midi ne fut pas mieux, avec ce bel orage tonnant et claquant bien près. Une foudroyante étincelle électrique a fait fumer une ou autre prise, disjoncté à droite et gauche des fusibles sursautant dans leurs boîtiers. Le temps de rétablir tout ça, il se passait un bon moment. Le moment venu de la constatation de quelques dégâts et dommages, de tentatives plus ou moins fructueuses pour parer au plus pressé, et nous étions rendus au soir.
Panne de courant, l'absence cruelle de ce qui paraît légitimement dû, et ne l'est pourtant pas, ce confort incroyable dont on ne mesure même plus la chance d'y accéder.
Allez, tout ça a été, et n'est plus.
Aujourd'hui, la situation est redevenue tout à fait ordinaire, c'est-à-dire surnaturellement normale.
Il faut tant d'éléments favorables pour assurer le maintien de cette qualité de vie si mal estimée, et si peu de choses et de temps pour en perdre dans l'instant le bénéfice.
Le soleil est revenu, la température est encore fraîche, là où il ne donne pas.
Je vais rattraper mon quota loisirs et plaisirs, aujourd'hui, je le sens.
Alléluia !!
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