Lundi 4 février 2019 15h37
Il va me falloir un peu de temps pour absorber les changements dans mon étable.
Un peu de temps aussi pour restaurer la carcasse chahutée des chutes violentes, comme mes schinus l'ont été des dernières turbulences ventées.
Au moins, comme on explique la formation des tempêtes, on a pu m'expliquer aussi ce phénomène tout chimique par lequel mon crâne et le sol dur faisaient mal connaissance trop souvent. Une petite molécule anodine, une "antigrippine" commune et ordinaire, plutôt inoffensive par elle-même, mais rendue explosive au voisinage d'une autre, dont la compagnie ne doit pas lui aller, mais alors là, pas du tout ! Et dont moi, évidemment, je ne peux pas me passer.
Bien. Quand on explique, c'est déjà beaucoup plus digeste. Et quand on peut si facilement pallier, alors, là, c'est carrément du velours. Je fais l'apprentissage de mon statut de femme vieillissante : jusque là, je supportais tous les mauvais traitements, maintenant, je surréagis au moindre écart. Mon Dieu Seigneur ! Rien de tel qu'un dressage à la sanction aussi parlante pour se plier vite fait à l'injonction. Je ne me le ferais pas dire deux fois…
Les schinus ont été tuteurés plus solidement. Je travaille à ma sauvegarde plus attentivement.
Mes quatre "Ttipinoak" apprennent aussi leur nouvel environnement. Plus vite dirait-on que moi je n'oublie l'ancien…
Laissons passer un peu de temps.
Mercredi 13 février 2019 14h48
Je ne vais pas m'attarder trop par ici, le grand soleil et le ciel à peine laiteux m'appellent dehors.
L'annonce de la fermeture de mon Gueguel m'a mis en perspective la disparition de mes épîtres, pas aux Corinthiens, mais presque. Ca, c'était ma première lecture rapide de l'information. J'imagine qu'une partie, genre réseaux sociaux, s'en ira tomber en poussières dans les oubliettes d'une logorrhée à la perte signée par son inanité et son abondance insensée.
Moi, je n'ai jamais été ni très sociale, ni très réseaux.
Pour le reste, la perte de mes logorrhées personnelles, aussi amusantes et précieuses puissent-elles être, au moins pour moi, serait aussi très vite indolore à la bonne ou mauvaise marche du monde, je pense.
J'ai l'écriture dans le sang. Près de cinquante années à tracer des mots, sans jamais avoir atteint la consécration d'une véritable reconnaissance publique, avec l'impulsion, factice ou solide qui va avec, éprouvent quand-même l'authenticité de mon goût pour cette écriture, et le support n'y est pas pour grand chose.
Je suis évidemment assez cabotine pour goûter le plaisir d'étaler mon semblant de talent, et assez imprégnée du besoin d'un regard bienveillant d'autrui, pour le rechercher, par tous les biais. Quitte à m'exposer à celui dont le jugement m'est bien moins…. favorable.
Tout de même, j'écrivais, bien avant Google, et, si Dieu ou ses saints me prêtent vie, j'écrirai bien après.
Mon idée de conservatoire inviolable était fausse. Une idée fausse, une de plus. Là, c'est comme les cornichons à tirer d'un bocal, c'est le premier qui coûte. Jusqu'à temps qu'on pense avoir toujours eu raison, jusqu'au moment où l'illusion perdure de ne pas s'être trompé, le premier flagrant délit d'erreur laisse vexé et honteux. Là comme ailleurs, on s'y fait, et la suite est toujours plus fluide que la toute première chute. La surprise n'y est plus, l'habituation se met en branle, et la partie devient plus facile. Pas gagnée, plus facile. Même à perdre !
J'entame une nouvelle période, pour cette occasion.
Ma renaissance de l'après maladie se met gentiment en place. Là aussi, les chutes sont pédagogiques, même si elles restent douloureuses, les bougresses. Pour le moment, je m'en relève, et c'est ce qui me tient bien debout, entre deux.
J'absorbe les changements, plus lentement et laborieusement qu'avant. Je les absorbe quand-même, et arrive à tourner vers l'avenir proposé un regard toujours intéressé.
L'ère de La nouvelle d'Agorreta est terminée. Rien ne doit durer plus longtemps que son temps, et celui-ci semble fini.
Une autre m'arrive. Et je l'attends de pied pas trop ferme, mais droit encore.
Mes TTipinoak m'ont conquise. Ce sont mes Neskak, avec la petite tilde adoucissante sur le n. Ma culture basco-espagnole enrichit les sonorités de ce français déjà opulent. J'ai bien envie de mieux puiser dans cette richesse, de mêler les curiosités de ces trois langues et d'en faire mon écriture.
J'ai envie de reprendre les images et leurs couleurs.
J'ai envie de mêler davantage encore ma ferme et mon métier, les miens, de sang, d'amitiés, et de circonstances.
Ce "bloc" s'arrête. Je suis la première à me décourager de me lire. Je cueille ici ou là un moment, une anecdote, une sensation. L'ensemble est trop touffu, désordonné et babillard, pour accrocher une lecture suivie.
J'ai envie surtout d'aller lire ailleurs, de visiter d'autres imaginations et d'autres histoires.
J'y reviendrai. S'il est perdu pour Gueguel, mes fans sont maintenant sans doute moins aiguisés par le dépit pour venir me priver de ces liasses de feuillets accumulés.
Si je les perdais quand-même, j'aurais vécu le plaisir d'écrire, tous ces instants de joie ou de moins joie. Des instants vivants et pleins d'une émotion précieuse.
Je vais repartir sur autre chose, autrement, même si l'imprégnation de ma culture paysanne laisse partout sa trace.
Je recommencerai. Je continuerai. Tant que je le pourrai.
Mercredi 13 février 2019 14h48
Je ne vais pas m'attarder trop par ici, le grand soleil et le ciel à peine laiteux m'appellent dehors.
L'annonce de la fermeture de mon Gueguel m'a mis en perspective la disparition de mes épîtres, pas aux Corinthiens, mais presque. Ca, c'était ma première lecture rapide de l'information. J'imagine qu'une partie, genre réseaux sociaux, s'en ira tomber en poussières dans les oubliettes d'une logorrhée à la perte signée par son inanité et son abondance insensée.
Moi, je n'ai jamais été ni très sociale, ni très réseaux.
Pour le reste, la perte de mes logorrhées personnelles, aussi amusantes et précieuses puissent-elles être, au moins pour moi, serait aussi très vite indolore à la bonne ou mauvaise marche du monde, je pense.
J'ai l'écriture dans le sang. Près de cinquante années à tracer des mots, sans jamais avoir atteint la consécration d'une véritable reconnaissance publique, avec l'impulsion, factice ou solide qui va avec, éprouvent quand-même l'authenticité de mon goût pour cette écriture, et le support n'y est pas pour grand chose.
Je suis évidemment assez cabotine pour goûter le plaisir d'étaler mon semblant de talent, et assez imprégnée du besoin d'un regard bienveillant d'autrui, pour le rechercher, par tous les biais. Quitte à m'exposer à celui dont le jugement m'est bien moins…. favorable.
Tout de même, j'écrivais, bien avant Google, et, si Dieu ou ses saints me prêtent vie, j'écrirai bien après.
Mon idée de conservatoire inviolable était fausse. Une idée fausse, une de plus. Là, c'est comme les cornichons à tirer d'un bocal, c'est le premier qui coûte. Jusqu'à temps qu'on pense avoir toujours eu raison, jusqu'au moment où l'illusion perdure de ne pas s'être trompé, le premier flagrant délit d'erreur laisse vexé et honteux. Là comme ailleurs, on s'y fait, et la suite est toujours plus fluide que la toute première chute. La surprise n'y est plus, l'habituation se met en branle, et la partie devient plus facile. Pas gagnée, plus facile. Même à perdre !
J'entame une nouvelle période, pour cette occasion.
Ma renaissance de l'après maladie se met gentiment en place. Là aussi, les chutes sont pédagogiques, même si elles restent douloureuses, les bougresses. Pour le moment, je m'en relève, et c'est ce qui me tient bien debout, entre deux.
J'absorbe les changements, plus lentement et laborieusement qu'avant. Je les absorbe quand-même, et arrive à tourner vers l'avenir proposé un regard toujours intéressé.
L'ère de La nouvelle d'Agorreta est terminée. Rien ne doit durer plus longtemps que son temps, et celui-ci semble fini.
Une autre m'arrive. Et je l'attends de pied pas trop ferme, mais droit encore.
Mes TTipinoak m'ont conquise. Ce sont mes Neskak, avec la petite tilde adoucissante sur le n. Ma culture basco-espagnole enrichit les sonorités de ce français déjà opulent. J'ai bien envie de mieux puiser dans cette richesse, de mêler les curiosités de ces trois langues et d'en faire mon écriture.
J'ai envie de reprendre les images et leurs couleurs.
J'ai envie de mêler davantage encore ma ferme et mon métier, les miens, de sang, d'amitiés, et de circonstances.
Ce "bloc" s'arrête. Je suis la première à me décourager de me lire. Je cueille ici ou là un moment, une anecdote, une sensation. L'ensemble est trop touffu, désordonné et babillard, pour accrocher une lecture suivie.
J'ai envie surtout d'aller lire ailleurs, de visiter d'autres imaginations et d'autres histoires.
J'y reviendrai. S'il est perdu pour Gueguel, mes fans sont maintenant sans doute moins aiguisés par le dépit pour venir me priver de ces liasses de feuillets accumulés.
Si je les perdais quand-même, j'aurais vécu le plaisir d'écrire, tous ces instants de joie ou de moins joie. Des instants vivants et pleins d'une émotion précieuse.
Je vais repartir sur autre chose, autrement, même si l'imprégnation de ma culture paysanne laisse partout sa trace.
Je recommencerai. Je continuerai. Tant que je le pourrai.
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