10 décembre 2017
J'arrive un peu en avance à la jardinerie.
Ce dimanche est annoncé pluvieux-venteux. Des nuées sombres plombent bien le ciel, derrière les derniers feuillages ors des chênes tardifs. C'est de toute beauté, ce jaune éclatant et profond sur fond de gris métallique.
Nous sommes en pleine période de sapins, en préparations joyeuses des festivités de fin d'année.
L'ambiance est légère, à la jardinerie. Tout le monde sent cette odeur d'agapes et de fraternité dans l'air, ça fait du bien.
Moi, je sens le mieux du bien-être retrouvé, le répit d'une passe paisible, la première aussi longue depuis un bon moment !
Ça ne garantit pas l'avenir : rien ne le garantit...
Ça éclaire joliment le présent, c'est déjà beaucoup, n'est-ce pas ?
Allez, j'y vais, les collègues arrivent.
lundi 11 décembre 2017
Je retrouve le plaisir d'annoter mes vieux carnets, la volupté de l'écriture à la main en moins, le toucher fluide d'un clavier docile en plus.
Ce matin aussi, les flamboyants ors illuminent les bosquets aux ramures sombres.
Je suis dans le vieil appartement, dans mes quartiers d'écriture. Mes travaux de peinture d'il y a deux ans continuent d'alimenter ma joie, en plus de celle ressentie à les faire, sur le moment.
Double récompense, celle de faire, et celle de contempler le travail fait. J'ai cette gratitude chevillée au corps, cette valeur travail inscrite dans la moelle.
Le plaisir de réalisation m'est chose familière, et fidèle. Je dois m'en souvenir, et me le garder toujours à portée.
Pourtant, ce qui pouvait être corvée, je le veux maintenant plaisir. J'essaie, dans la limite raisonnable des obligations et contraintes inévitables, de m'en tenir à cette saine et simple recherche.
Hier par exemple, à la jardinerie, il pleuvait à partir du milieu de l'après-midi, des cordes.
Mes jeunes collègues s'activaient aux sapins, une joyeuse cohue animait notre marché couvert.
Pour m'éloigner de tous ces bruits concomitants et pour moi désagréables d'abord, puis parce-que mon entreprise de faire le tour complet de la pépinière me tient en ce moment, je préférai travailler dehors, confortablement protégée dans mon ciré intégral.
Je me sentais bien, œuvrant paisiblement, mon travail de rangement portant des fruits immédiatement visibles.
Bouger les plantes, les nettoyer, les retailler au besoin, les disposer mieux, toutes ces tâches me plaisent et me conviennent.
Les clients, découragés par les trombes d'eau soutenues, évitaient le secteur, se cantonnant aux parties couvertes du magasin.
J'étais bien. Dans mon élément, contente de moi et de mon monde autour.
Philippe et mes collègues, jetant de temps à autre un œil bienveillant et amusé sur ma petite silhouette perdue au milieu des plantes hautes (enfin, elles n'ont pas besoin d'être bien hautes pour me cacher !), me hélaient de loin, mi-amusés mi-inquiets. Cet acharnement à travailler dehors malgré la pluie leur paraissait suspect.
Depuis la déclaration de ma maladie, ils me couvent un peu, et cette sollicitude me réchauffe et me fait autant de bien que le meilleur des traitements médicamenteux.
Toute cette convergence d'éléments favorables baignait mon contentement dans des eaux sûres et amicales.
J'ai eu un dimanche bien agréable, terminé par une soirée toute aussi agréable.
Le retour à la ferme, en chantonnant sur la musique rythmée d'ABBA, les bêtes facilement soignées, le père tranquille, la vieille bâtisse protectrice, tout continuait d'être parfait !
J'ai diné sur le banc de l'étable, les chiens autour de moi, à grappiller les miettes, et même ce petit impertinent de Txief à essayer de me voler ma part de tarte...
Il est ainsi des joies simples et bonnes.
Je les vis pleinement, ayant tout près en mémoire ces temps où elles me semblaient inaccessibles, tout en étant pareilles et les mêmes.
Le soleil se couche sur le tapis à mes pieds. Les chiens s'étirent en langueur. J'entends le père taper de la canne au sol, sur le banc de pierre.
Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes, comme disait l'autre !
lundi 11 décembre 2017
Je retrouve le plaisir d'annoter mes vieux carnets, la volupté de l'écriture à la main en moins, le toucher fluide d'un clavier docile en plus.
Ce matin aussi, les flamboyants ors illuminent les bosquets aux ramures sombres.
Je suis dans le vieil appartement, dans mes quartiers d'écriture. Mes travaux de peinture d'il y a deux ans continuent d'alimenter ma joie, en plus de celle ressentie à les faire, sur le moment.
Double récompense, celle de faire, et celle de contempler le travail fait. J'ai cette gratitude chevillée au corps, cette valeur travail inscrite dans la moelle.
Le plaisir de réalisation m'est chose familière, et fidèle. Je dois m'en souvenir, et me le garder toujours à portée.
Pourtant, ce qui pouvait être corvée, je le veux maintenant plaisir. J'essaie, dans la limite raisonnable des obligations et contraintes inévitables, de m'en tenir à cette saine et simple recherche.
Hier par exemple, à la jardinerie, il pleuvait à partir du milieu de l'après-midi, des cordes.
Mes jeunes collègues s'activaient aux sapins, une joyeuse cohue animait notre marché couvert.
Pour m'éloigner de tous ces bruits concomitants et pour moi désagréables d'abord, puis parce-que mon entreprise de faire le tour complet de la pépinière me tient en ce moment, je préférai travailler dehors, confortablement protégée dans mon ciré intégral.
Je me sentais bien, œuvrant paisiblement, mon travail de rangement portant des fruits immédiatement visibles.
Bouger les plantes, les nettoyer, les retailler au besoin, les disposer mieux, toutes ces tâches me plaisent et me conviennent.
Les clients, découragés par les trombes d'eau soutenues, évitaient le secteur, se cantonnant aux parties couvertes du magasin.
J'étais bien. Dans mon élément, contente de moi et de mon monde autour.
Philippe et mes collègues, jetant de temps à autre un œil bienveillant et amusé sur ma petite silhouette perdue au milieu des plantes hautes (enfin, elles n'ont pas besoin d'être bien hautes pour me cacher !), me hélaient de loin, mi-amusés mi-inquiets. Cet acharnement à travailler dehors malgré la pluie leur paraissait suspect.
Depuis la déclaration de ma maladie, ils me couvent un peu, et cette sollicitude me réchauffe et me fait autant de bien que le meilleur des traitements médicamenteux.
Toute cette convergence d'éléments favorables baignait mon contentement dans des eaux sûres et amicales.
J'ai eu un dimanche bien agréable, terminé par une soirée toute aussi agréable.
Le retour à la ferme, en chantonnant sur la musique rythmée d'ABBA, les bêtes facilement soignées, le père tranquille, la vieille bâtisse protectrice, tout continuait d'être parfait !
J'ai diné sur le banc de l'étable, les chiens autour de moi, à grappiller les miettes, et même ce petit impertinent de Txief à essayer de me voler ma part de tarte...
Il est ainsi des joies simples et bonnes.
Je les vis pleinement, ayant tout près en mémoire ces temps où elles me semblaient inaccessibles, tout en étant pareilles et les mêmes.
Le soleil se couche sur le tapis à mes pieds. Les chiens s'étirent en langueur. J'entends le père taper de la canne au sol, sur le banc de pierre.
Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes, comme disait l'autre !
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